Le solaire français retrouve le chemin de la croissance

Les 212 lauréats de l'appel d'offres photovoltaïque désignés le 4 décembre par Ségolène Royal le prouvent : le solaire français poursuit la réduction de ses coûts. Du coup, il gagne de la visibilité sur plusieurs années. Une condition nécessaire à sa croissance.

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L'idylle se poursuit entre le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et le ministère de l'Ecologie de Ségolène Royal. Le 4 décembre dernier, lors de la publication des lauréats de l'appel d'offres solaire photovoltaïque de grande puissance (plus de 250 kW, dit CRE3, lancé en novembre 2014), le SER et la ministre auraient pu faire un communiqué de presse commun tant ils parlaient d'une même voix. Pour raconter l'histoire d'un solaire devenant compétitif grâce à des prix de rachat en baisse. 

Les 212 projets retenus, qui représentent 800 mégawatts (MW) de puissance, affichent des prix record pour l'énergie solaire en France, détaillent les deux organisations.

Certaines centrales au sol affichent des tarifs avantageux de 70 euros/mégawattheure (MWh). En moyenne, celles-ci se verront racheter leur électricité à 82 euros/MWh, soit une baisse de 23% par rapport au précécent appel d'offres, lancé 20 mois avant celui-ci, en mars 2013.

Doublement de l'appel d'offres

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Pour les deux autres catégories de projets, les installations en grande toiture et celles sur ombrières, les tarifs sont respectivement de 129 euros/MWh (-18%) et 124 euros/MWh (-15%). "Les niveaux des tarifs d’achats proposés par les candidats dans cette procédure compétitive poursuivent leur baisse rapide, au bénéfice du consommateur final", se félicite le ministère. "Compte-tenu du faible coût de l’électricité photovoltaïque, ce volume complémentaire n’impactera que marginalement la CSPE [Contribution au service public de l'électricité, ndlr]", précise le SER.

Cette baisse des coûts du solaire constatée dans les offres des industriels – dont le volume atteignait 2000 MW rien que pour les centrales au sol - avait déclenché, cet été, le doublement du volume de l'appel d'offres, passé de 400 MW à 800 MW. Si le président de la République l'avait annoncé, c'est bien Ségolène Royal qui l'a obtenu, surprenant même le Syndicat des énergies renouvelables qui ne s'attendait pas à un telle ampleur. Mi-novembre, la ministre a poursuivi sur sa lancée en publiant les premiers éléments de la future programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE).

4350 MW programmés sur trois ans

Face à des appels d'offres erratiques et toujours retardés, le SER réclame depuis des années un système d'appel d'offres pluri-annuels garantissant un marché d'au moins 1000 MW par an. Le projet de PPE de Ségolène Royal prévoit un calendrier d'appels d'offres s'échelonnant entre début 2016 et début 2019 pour attribuer 3000 MW d'installations photovoltaïques au sol et 1350 en toiture de bâtiments.

Le SER a salué "la visibilité offerte aux filières renouvelables par ce calendrier et par le projet de PPE", dans lequel il voit "une très bonne base de travail qui répond aux attentes des professionnels avec une visibilité des marchés à court et moyen terme"

Après des années sombres suite au moratoire de 2010, le solaire français semble revenir sur les rails d'une croissance qui, si elle n'a rien de spectaculaire au regard du nouvel élan du photovoltaïque dans le monde, permettrait au moins à la filière française d'avoir une base nationale. La réalisation des 212 projets de l'appel d'offres CRE3 représente un investissement de près de 1 milliard d'euros, a précisé le ministère. Et 5000 emplois, ajoute le SER.

Manuel Moragues

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