General Electric sort du bois. Déjà fort de l’activité dans l’éolien offshore de l’ex-Alstom, le conglomérat américain affiche son intérêt pour l’activité dans l’éolien offshore d’Areva, mariée avec l’espagnol Gamesa au sein de la coentreprise Adwen. "On a toujours été (...) partisan d'une filière française durable dans l'éolien offshore. Il est évident qu'une consolidation des acteurs français s'inscrit dans cette perspective et que dans ce cadre on ne peut que regarder avec intérêt l'évolution du capital d'Adwen", a déclaré Jérôme Pécresse, le patron de GE Renewables, selon Reuters. Et d’ajouter : "Nous avons vocation à être un des trois principaux acteurs de l'éolien offshore." Les deux premiers acteurs étant Siemens et Vestas.
Adwen pourrait bien devenir une proie potentielle. Le champion espagnol de l’éolien Gamesa avait révélé le 29 janvier être en discussion avec Siemens. L’allemand envisagerait d’acquérir Gamesa pour devenir le numéro un de l’éolien mondial, engagé dans un mouvement de consolidation.
Depuis, le dossier semble achopper sur le sort d’Adwen, à en croire les rumeurs rapportées par la presse allemande et espagnole. Si Siemens ne veut pas d’Adwen, et comme le sauvetage d’Areva passe par un recentrage radical sur le combustible nucléaire, General Electric pourrait en profiter pour devenir le seul turbinier français de l’offshore en rachetant Adwen.
Trois parcs et deux usines
Les trois parcs français dont Areva est le turbinier attitré sont au cœur de l’affaire. Avec 500 megawatts (MW) chacun, Le Tréport (Seine-Maritime, avec Engie), Noirmoutier (Vendée, avec Engie) et Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor, avec Iberdrola) représentent plus de la moitié des 2 800 MW du pipeline affiché par Adwen.
Une belle dot tant pour Siemens, qui n’avait pu remporter un seul des six champs mis en jeu, que GE, qui compte déjà à son tableau de chasse les trois parcs - remportés par Alstom avec EDF - de Fécamp (Seine-Maritime), Courseulles-sur-Mer (Calvados) et Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Mais cette dot s’accompagne d’engagements auprès de l’Etat en matière d’implantation industrielle et d’emplois, avec deux usines au Havre prévues.
Pour Siemens, qui construit déjà deux nouvelles usines pour l’éolien en Allemagne et au Royaume-Uni, devoir s’implanter au Havre pourrait être rédhibitoire. Du côté de GE, un doublon havrais du site de Saint-Nazaire dont une partie est déjà opérationnelle, est-il envisageable ? Avec un dispositif industriel encore en construction, l’américain pourrait faire preuve de plus de souplesse que l’allemand. L’Etat français, selon les dires du ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, pourrait se retrouver en position d’arbitre.
Manuel Moragues





