C’est sous des applaudissements nourris que le Premier ministre François Fillon s’est exprimé lors de la convention de la société française de l’énergie nucléaire (SFEN) sur le thème "Le nucléaire un an après Fukushima". Ce jeudi 8 mars, le chef du gouvernement est venu défendre l’atome, en reprenant en détail les arguments pro-nucléaires qui alimentent le débat national sur la politique énergétique depuis un an.
Selon le Premier ministre, la catastrophe de Fukushima du 11 mars 2011 a soulevé deux questions. La première : "Comment prévenir la survenue d’un tel accident ?". La deuxième : "Est-il raisonnable de sortir du nucléaire ?".
Pertinence du modèle de sûreté
Pour répondre à la première question, François Fillon met en avant les résultats des évaluations complémentaires de sûreté demandées par l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN). "Elles réaffirment la pertinence de notre modèle de sûreté et de son système de progression continue", affirme le locataire de Matignon. Il insiste sur l’obligation des exploitants à respecter le calendrier pour mettre en œuvre les recommandations de l’ASN. En particulier, la mise en place de la Force d’action rapide nucléaire (FARN) par EDF d’ici la fin 2013.

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Le Premier ministre soulève, cependant, deux voies d’amélioration. En matière de sureté nucléaire, les échanges entre pays "ne devraient pas être volontaires mais obligatoires". Il insiste également sur la nécessité d’une force d’intervention rapide mondiale. A titre d’exemple, il met en avant la mise en place d’un cadre bilatéral avec le Royaume-Uni pour développer un tel programme entre les deux principaux utilisateurs du nucléaire civil sur le Vieux Continent.
"Fukushima ne doit pas faire oublier Kyoto et Copenhague"
A la seconde question, François Fillon répond en reprenant les positions fermes de son gouvernement et de la majorité. S’il estime le débat légitime, il affirme que "ce serait une aberration de remettre en cause une technologie compétitive et un enjeu stratégique pour la France". "Notre pays n’a pas tant d’atouts en matière de compétitivité qu’il puisse se passer d’un des principaux", ajoute-t-il.
Il avance une autre raison de ne pas sortir du nucléaire : "Fukushima ne doit pas faire oublier Kyoto et Copenhague". La sortie du nucléaire se traduit, en Allemagne notamment, par la construction de centrales fonctionnant aux énergies fossile, fortement émettrices de CO2. "L’enjeu de la transition énergétique, ce n’est pas moins de nucléaire, c’est moins de pétrole, de gaz et de charbon", précise-t-il.
"Fermeture absurde"
Concernant la centrale de Fessenheim (Bas-Rhin), dont le candidat PS François Hollande a promis une fermeture immédiate s’il est élu, le Premier ministre juge sa fermeture "absurde" à partir du moment où l’ASN en a autorisé le fonctionnement. "Cette décision ne doit pas être idéologique. Le gouvernement doit respecter la décision de l’ASN. Si on ne respecte pas les décisions de cette agence indépendante, on sème un doute dans l’esprit de nos concitoyens", analyse-t-il. Rappelant que le nucléaire a été bâti pour assurer l’indépendance électrique de la France, le chef du gouvernement demande si l’objectif est de remplacer Fessenheim par une centrale thermique alimentée par du gaz russe…
Enfin, il conclut qu’il ne croit pas à la théorie de la décroissance. "Je crois aux progrès scientifiques et techniques qui se jouent dans les énergies renouvelables et dans le nucléaire", lance-t-il. Il invite ainsi le pays à construire les EPR de Flamanville et de Penly (Seine-Maritime), à construire des ATMEA (réacteur de 1000 MW d’Areva) et à approfondir la recherche dans les réacteurs de quatrième génération pour réduire le volume et la toxicité des déchets. Sur ce dernier thème, le CEA étudie la faisabilité d’un prototype baptisé Astrid dont la décision finale d’investissement devrait être prise après l’élection présidentielle…





