Les 195 pays (plus l’Union Européenne) signataires de l’Accord de Paris sont réunis à Bonn et Donald Trump, le Président des Etats-Unis, est au centre des débats. Cet accord doit permettre, s’il est appliqué, de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C en 2100 par rapport à l’ère préindustrielle. Ratifié par 144 pays, il est aujourd’hui menacé par deux grandes puissances.
La Russie est le seul grand pays à ne pas l’avoir encore ratifié, alors qu’elle l’avait entériné au Bourget en décembre 2015. Pire, les Etats-Unis, - le deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre (GES) au monde, derrière la Chine, mais le premier par habitant -, est prêt à revenir sur l'engagement du désormais ex-Président Obama.
Pendant sa campagne électorale, l’actuel locataire de la Maison Blanche, avait bien indiqué qu’il annulerait la signature des Etats-Unis et qu’il voulait en finir avec "la guerre contre le charbon". Aujourd’hui, il joue sur les nerfs des pays les plus vulnérables face aux changements climatiques. L’abandon par la première puissance mondiale de son engagement mettrait à terre tout espoir de limiter le réchauffement climatique à 2°C. Même si les grandes villes américaines et un grand nombre d’entreprises ne suivront pas cet Apprenti sorcier dans sa quête pour détruire la planète.
Une décision américaine fin mai
Aujourd’hui, il réfléchit à sortir de l’accord ou y rester pour modifier les engagements de son pays. Quand on sait que l’Accord sera sans doute insuffisant pour rester en dessous de 2°C et encore moins en dessous de 1,5°C, objectif ultime pour éviter que certains parties du monde ne soient sous les eaux ou désertifiées. En tout cas, il ne donnera pas de réponse avant la fin du G7 qui se tiendra en Italie du 25 au 27 mai. Toutefois, il faut rappeler que si les Etats-Unis décident de ne pas tenir leurs engagements et de sortir de l’Accord de Paris, ce processus prendra plusieurs années et qu’il ne pourra sans doute pas être appliqué avant la fin du mandat du Président en exercice. D’ici là les Etats-Unis auront peut-être retrouvé la voie de la sagesse…
En attendant, Ségolène Royal, la Présidente de la COP21, a envoyé un message aux acteurs réunis à Bonn. "J’appelle toutes les Parties à accélérer la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat alors que s’ouvre une session de négociations à Bonn en vue de la COP23 [elle se tiendra dans l’ancienne capitale de la RFA du 6 au 17 novembre, mais sera organisée par les Iles Fidji], à laquelle je me rends jeudi et vendredi pour encourager les pays à avancer et pour présenter la stratégie bas-carbone de la France", a déclaré la ministre française de l’Environnement.
Elle souhaite que les décisions soient prises pour mettre en place concrètement les contributions nationales dès 2018 (au lieu de 2020 prévu initialement), que l’objectif à atteindre soit bien 1,5°C et non 2°C, d’accélérer la mobilisation des financements publics et privés en faveur du climat - Les pays développés sont sur la voie d’atteindre collectivement l’objectif des 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 -, et continuer d’amplifier la dynamique de l’Agenda de l’action, qui représente aujourd’hui un réseau mondial de plus de 77 initiatives avec des solutions concrètes pour le climat.
Les ONG demandent un ministère de l’Environnement élargi
Au niveau français, Ségolène Royal multiplie les décisions et les initiatives avant son départ dans quelques jours. Elle vient de publier un plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques, notamment avec un décret qui fixe des objectifs chiffrés de réduction des émissions des principaux polluants à horizon 2020, 2025 et 2030, conformément aux objectifs adoptés dans le cadre de la directive européenne du 14 décembre 2016. Son bilan restera globalement positif notamment avec la Loi de transition énergétique dont la quasi-totalité des décrets a été adoptée. Mais il restera quelques gros points noirs comme Fessenheim et l’abandon de l’Ecotaxe. Place à une nouvelle présidence…
Et les ONG n’ont pas tardé à envoyer un signal fort au nouveau Président de la République. Huit d’entre elles dont WWF et la fondation Hulot demandent à Emmanuel Macron la création d’un grand ministère de l’Environnement, avec un ministre d’Etat, numéro 2 dans l’ordre protocolaire, qui regroupe l’écologie, la biodiversité, le climat et l’énergie, le transport, le logement et l’urbanisme, l’aménagement du territoire, la pêche et la mer.





