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COP21

COP21 : adoption du premier accord universel sur le climat

Ludovic Dupin

Publié le

Après 12 jours de rencontre à Paris, mais surtout après plus d’un an d’intense diplomatie, le sommet de Paris a abouti au premier accord universel de l’histoire sur le climat. La majorité des états et des acteurs non-étatiques y voient un texte globalement positif, même si des engagements encore plus ambitieux sont à adopter pour limiter le réchauffement climatique en-dessous de 2°C.


Crédits France diplomatie CC Twitter

Le suspens aura été jusqu’au bout du bout ce samedi 12 décembre. Il aura fallu attendre longtemps pour que Laurent Fabius puisse prononcer "L'Accord de Paris est adopté par toutes les Parties", ponctué du petit coup de marteau vert, actant l’unanimité sur le texte issu de la COP21, avec plus de 24 heures de retard sur l’objectif initialement prévu.

Certes une journée de retard, c’est peu de choses au regard des dernières années. Et surtout des derniers mois pendant laquelle la diplomatie française s’est attachée à préparer un événement qu’aucun pays n’osait prendre en charge de peur d’un nouvel échec après celui de Copenhague en 2009.

Mais après deux semaines d’intenses négociations, chaque heure de retard témoignait d’une nouvelle difficulté et donc d'une menace sur une entente finale.

Trop pour certains, pas assez pour d’autres

Durant les dernières heures de discussions, il a fallu convaincre deux grands blocs de pays. Ceux qui jugeaient, comme une partie de l’Europe et des états du Pacifique, que l’accord n'allait pas assez loin. Ils ont décidé de valider ce texte comme une base de travail à améliorer le plus vite possible.

D’autre part, ceux qui jugent que l’accord va trop loin, les pays producteurs de pétrole en tête, qui ont tout de même accepté le texte car il fait l’impasse sur la taxe carbone. De plus, il les met en position d’être aidés financièrement pour réaliser une mue énergétique.

Le poids de la Chine et l’Inde

Mais la grande inflexion des ultimes négociations a été prise vers 16 heures  quand, d’une part, les deux mastodontes du monde émergents, la Chine et l’Inde, et d’autre part l’Arabie Saoudite, fort opposant à un accord ambitieux, se sont prononcés en faveur de l’accord. On a alors senti la tension se relâcher dans les rangs des négociateurs et les sourires se dessiner sur les visages fatigués.

Les principales réussites du texte sont l’engagement à maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C et de tendre au maximum vers 1,5°C (pour l’heure la tendance est sur 3°C), le fait que l’aide de 100 milliards d’euros par an en 2020 pour les pays pauvres sera un plancher pour l’après 2020, la contrainte juridique que représente le texte, enfin la clause de revoyure pour 2025, jugée toutefois un peu tardive.

L’ère de l'Apres pétrole

A en croire des ONG, le plus important n’est pas tant l’accord onusien que la prise de conscience collective du besoin de changement de modèle. Le Directeur exécutif international de Greenpeace, Kumi Naidoo, le résume ainsi : "le texte place clairement l'industrie des énergies fossiles du mauvais côté de l'Histoire".

Mais beaucoup reste à faire car désormais il faudra que ce qui a été décidé à Paris devienne une réalité dans chaque pays signataire, ce qui n’est pas évident.

Difficulté dont Laurent Fabius a conscience : "comme président de la COP, je m’engage à tenir compte des difficultés que certains d’entre nous pourraient avoir une fois notre accord adopté, et organiser le cas échéant, au cours de ma présidence, des consultations destinées à y apporter rapidement une réponse".  Le ministre français gardera sa fonction à la tête de la COP pendant une année encore.

Ludovic Dupin

 

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1 commentaire

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14/12/2015 - 16h24 -

Quelques commentaires concernant une éventuelle application concrète des mesures prises lors de cette grande messe du "développement durable":
1- Il ne s'agit pas du 1er accord universel sur le climat, celui-ci ayant été engagé lors du protocole de Kyoto (non ratifié et donc non appliqué par un certain nombre de pays par la suite, triste sort qui s'annonce également pour cet accord).
2- On remarque un décalage criant entre la somme des objectifs individuels affichés par les pays, qui génèrerait un réchauffement supérieur à 3°C, et l'engagement collectif de tendre vers un réchauffement inférieur à 1.5°C.
3- L'engagement fictif d'aide aux pays en voie de développement de 100 milliards d'euros par an à partir de 2020, sans engagement dans aucun mécanisme de financement robuste, tel qu'une taxe sur les émissions de carbone ou une taxe sur les transactions financières.
4- Quelle est l'instance internationale garante de la contrainte juridique du respect des engagements nationaux? quels sont les moyens mis en oeuvre pour mesurer de manière indépendante les écarts entre engagements et réalité? à quelle échéance, l'échéance finale impliquant un retard irrattrapable?

Comme après chacune de ces conférences pharaoniques, l'impression qui en ressort est finalement celle d'une montagne qui a accouché d'une souris.
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