En 2011, le cours moyen du baril de Brent, extrait en Mer du Nord, s'élevait de 111 dollars, un record absolu. 2012 est en route pour confirmer cette tendance de prix soutenus. Malgré la crise qui limite la hausse de la demande en hydrocarbures, de nombreux facteurs poussent les cours vers le haut : tensions géopolitiques en Iran, accident de la plateforme Elgin de Total en Mer du Nord…
Le surcoût des cours élevés du pétrole est très lourd. Selon les données de l'Agence Internationale de l'énergie (AIE), le monde importait chaque année pour 500 milliards de dollars en pétrole en moyenne entre 1990 et 2010. En 2012, cette valeur est multipliée par quatre pour atteindre 2 000 milliards de dollars par an, soit 5,5 milliards de dollars par jour.
Le doublement des dépenses chinoises
Première importatrice mondiale, l'Europe paye le prix fort. Ses importations d'hydrocarbures passent de 350 milliards en 2009 à presque 600 milliards de dollars en 2011. Plus que la dette grecque, note l'AIE ! Portée par sa croissance, la Chine fait plus que doubler ses dépenses en pétrole pour passer de 90 milliards d'euros en 2009 à 220 milliards en 2011. Globalement, dans les grandes zones importatrices (hors Inde), l'importation de produits pétrolier est passée de 1,5 à 2 % du PIB entre 1990 et 2010 à environ 3 % en 2012.
Ce danger pour l'économie mondiale pourrait être atténué par une ouverture des stocks stratégiques de pétrole. L'AIE s'est dit prête à autoriser les pays, comme la France et les Etats-Unis, à y recourir en cas de besoin. Cela a suffi à modérer l'ascension du cours du Brent vers de nouveaux records.

Le développement des ressources non conventionnelles aux Etats-Unis, gaz et huile de schiste, ont un impact majeur sur les prix. Le gaz coûte aujourd’hui 2,5$/MBtu dans le pays… l’équivalent de 15 dollars par baril ! Les Etats-Unis paye leur gaz six fois moins cher que la vieille Europe où le produit fossile est indexé majoritairement sur les cours du pétrole. Mais dans les années à venir, les Etats-Unis pourraient devenir exportateurs de gaz, ce qui entrainerait une détente des prix.





