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[Edito] La baraka de Macron

Christine Kerdellant

Publié le , mis à jour le 19/06/2017 À 09H48

Avec 308 députés La République en Marche (LREM), Emmanuel Macron disposera donc d’une majorité "à sa main". Il n’a même plus besoin du Modem de Bayrou pour faire voter les mesures sur lesquelles il a été élu. Les Républicains, l’UDI et les DVD (137 sièges), le PS, PRG et DVG (44), les Insoumis et le PC (27) et le FN (8) ne pourront rien contre les réformes. Les entreprises peuvent être raisonnablement optimistes : depuis Colbert et Napoléon III, aucun gouvernement n’avait aussi bien compris la logique du monde économique. Un éditorial de Christine Kerdellant, directrice de la rédaction.

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Ouf ! La séquence électorale s’achève. Mais qu’ils aient voté Fillon, Le Pen ou Macron à la présidentielle, les dirigeants d’entreprises sont désormais animés par la même envie que le nouveau président réussisse. Beaucoup font partie de ces citoyens qui ont justifié leur abstention ces deux derniers dimanches en disant : "Je ne partage pas ses idées, mais il doit avoir les moyens de les appliquer" ou "Je ne suis pas En Marche, mais je veux que ça marche… ". Les plus sceptiques ont été interpellés par les réactions des Européens, leur étonnement face au choix de ce vieux peuple aigri qu’on ne croyait plus capable de jouer les éclaireurs du monde. Un sentiment de fierté flotte dans l’air. France is back…

C’est la plus grande chance d’Emmanuel Macron : la croissance, c’est de la confiance ! On l’a assez répété lors de la crise des subprimes, quand la perte de confiance des banques entre elles a plongé le monde dans la récession. Et si la France était en train de mettre en place un engrenage vertueux ? Après avoir vu, en politique, la Mer Rouge s’ouvrir devant lui, Macron aura-t-il droit, en économie, à un Océan Bleu ? Six raisons incitent à l’optimiste.

L’alignement des planètes est toujours en place. Le pétrole et l’euro restent bas. Les marchés financiers re-créditent la France de taux d’intérêt très faibles sur la dette, une fois passée la peur de Le Pen.

La conjoncture européenne est au beau fixe. Une vraie croissance est attendue pour la zone : 1,7% en 2017.

La France elle-même a redémarré. Elle a créé 285 000 emplois en rythme annuel au premier trimestre ! C’est un héritage dont Macron peut remercier François Hollande : le Cice et le suramortissement – l’un parce qu’il a regonflé les marges des entreprises, l’autre parce qu’il les a poussées à ré-investir – ont donné l’impulsion longtemps attendue... mais arrivée trop tard pour son prédécesseur. L’industrie n’est pas seule concernée par ce regain d’optimisme : le BTP et le tourisme sont florissants.

Le mythe de la « start up nation » se renforce. L’image de Macron matche bien avec celle de la French Tech. Et l’élan est européen : le patron de BlablaCar et ses confrères lancent le mouvement « Wonder Léon, la tech européenne veut attirer les talents du monde ». Puisque Trump ne veut pas d’eux...

Les mesures à venir devraient amplifier l’embellie. La simplification du code du travail, la flat tax sur les revenus du capital, l’absence d’ISF sur l’argent qui travaille, ont bien fonctionné ailleurs. Ne manque, à court terme, qu’une prolongation du suramortissement pour ceux qui modernisent leur parc de machines.

Jamais un gouvernement n’avait été aussi bien compris le monde économique. Et pour cause : la plupart des ministres en viennent. Chirac, Sarkozy ou Hollande s’intéressaient, bien obligés, aux entreprises, mais leurs réflexes étaient d’abord politiques. Leurs gouvernements et leurs programmes étaient de subtils arbitrages entre courants. La politique façonnait leur "weltanschauung". Macron, lui, semble avoir compris ce que Colbert, Napoléon III ou Angela Merkel ont toujours su : que la puissance d’un royaume se définit par sa richesse. Colbert a favorisé l’essor de la France en mettant en place les Manufactures Royales ou la Compagnie des Indes. Napoléon III, lui, voulait que les Français fassent fortune. Et tant pis si la filiation est moins prestigieuse que celle de Bonaparte ou de De Gaulle…


 

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