Maintes fois promis, le véhicule autonome à la mode Tesla est-il enfin au coin de la rue ? Le constructeur américain l’assure par la voix de son cofondateur et PDG, Elon Musk. Sur le réseau social X (ex-Twitter), le patron, de retour à plein temps aux manettes de l’entreprise après sa brouille avec Donald Trump (et des excuses), a annoncé l’arrivée imminente de 10 à 20 robotaxis de type Model Y sur les routes d’Austin, au Texas. Date «provisoirement» envisagée : le 22 juin. À moins que, comme à l’accoutumée avec Tesla, celle-ci ne soit repoussée.
«Nous sommes super paranoïaques en ce qui concerne la sécurité, donc la date pourrait changer», a d’ores et déjà prévenu le patron, qui prédit depuis de longues années, sans succès, l’arrivée du véhicule autonome. En 2019 déjà, l’entrepreneur avait déclaré que le constructeur automobile était à un an de déployer «un million» de robotaxis sur les routes. Rebelote en 2025 : «Je prédis qu'il y aura des millions de Tesla fonctionnant de manière autonome, totalement autonome, dans la seconde moitié de l'année prochaine», a-t-il assuré aux investisseurs en avril.
Derrière cette promesse aux accents marketing, il y a l’importance pour Tesla de maintenir ses fans et les analystes financiers en alerte et surtout confiants concernant le futur de l’entreprise. Sa valuation exorbitante – Tesla reste l’une des capitalisations les plus importantes au monde – est régulièrement jugée difficile à justifier. En Bourse, le titre a perdu 14% de sa valeur depuis le début de l’année, notamment sur fond de baisse des ventes de véhicules.
Pour cause : l’entreprise n’est pas simplement considérée comme un constructeur automobile, mais une pépite technologique championne du stockage d’énergie et de l’intelligence artificielle. «La valeur d'une entreprise qui fabrique des robots humanoïdes autonomes vraiment utiles (le projet de robot humanoïde Optimus, ndlr) et des véhicules autonomes utiles à grande échelle et à faible coût, ce que Tesla va faire, est énorme», justifiait encore Elon Musk en avril.

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Maturité technologique
En coulisse, les interrogations restent cependant nombreuses. En particulier sur la maturité technologique des robotaxis de Tesla, davantage proche du niveau d’autonomie L2 (assistance à la direction et au freinage/accélération, selon les règles définies par l'organisme de standardisation SAE International) que du niveau L4 (conduite du véhicule dans des circonstances particulières), généralement visé par les opérateurs de robotaxis.
Depuis 2021, Tesla a fait le choix de délaisser la technologie Lidar pour se concentrer uniquement sur le recours à l’IA et un jeu de caméras et radars pour développer sa technologie de conduite autonome. Cette méthode est moins sophistiquée que celle employée par la plupart des start-ups qui développent des robotaxis en ayant recours à un ensemble de capteurs sophistiqués comme des caméras, des radars et des lidars sur le dessus et les côtés du véhicule. C’est notamment le cas de Pony.AI en Chine ou de Waymo (filiale d’Alphabet, la maison mère de Google) aux États-Unis.
Moins cher, moins sophistiqué... tout aussi performant ?
Mais le recours à cette technologie supérieure, jugée plus sûre par les experts, a un coût, très élevé. Impensable sur la voiture de Monsieur Tout-le-Monde. C’est tout le pari d’Elon Musk. «Le problème avec les voitures de Waymo, c'est qu'elles coûtent beaucoup plus cher, mais c'est bien là le problème. La voiture est très chère, fabriquée en faible volume. Les Teslas coûtent probablement 25 ou 20% de ce que coûte une Waymo et sont fabriquées en très grande quantité. Je ne vois personne capable de rivaliser avec Tesla à l'heure actuelle», veut-il croire.
Cette vision ne convainc pas tous les spécialistes de l’industrie, alors que la solution logicielle d’assistance à la conduite FSD (pour Full-Self Driving) déjà commercialisée par Tesla a connu des mésaventures. L’histoire rappelle pourtant que le moindre crash peut-être fatal à une entreprise, comme l’a expérimenté General Motors avec sa filiale Cruise, aujourd’hui enterrée.





