Attendu depuis plusieurs mois, voté en juillet 2013, le statut de gazo-intensifs a été officiellement annoncé au journal officiel, ce mardi 5 novembre. Il concerne des entreprises "qui utilisent le gaz naturel comme matière première ou source d'énergie et dont l'activité principale est exposée à la concurrence internationale". Cela concerne une cinquantaine d’entreprises en France représentant 4 à 5 % de la consommation de gaz totale. Ils bénéficieront d’un accès privilégié au réseau de gaz et de mesures fiscales favorables.
Ce statut spécifique doit permettre au gazo-intensifs de corriger partiellement deux handicaps. D’une part, il doit compenser le déficit de compétitivité face aux industriels américains. Ces derniers bénéficient, depuis deux à trois ans, de prix de gaz extrêmement faibles grâce à l’exploitation massive du gaz de schiste. Le coût d’approvisionnement est aujourd’hui trois fois plus élevé sur le Vieux Continent qu’en Amérique du Nord.
D’autre part, il existe un écart croissant de prix du gaz sur les marchés de gros entre le nord et le sud de la France. Il atteint aujourd’hui presque 25 % à la défaveur du sud. Le Nord de la France reçoit son gaz par pipeline, tandis que le sud est majoritairement approvisionné par des méthaniers livrant du gaz naturel liquéfié (GNL). Or le marché mondial du GNL est tendu en raison, entre autres, de la très forte demande du japon depuis l’accident de Fukushima. De plus, la congestion des capacités d’échange entre le nord et le sud du pays empêche de lisser les prix sur l’ensemble du territoire.
Ludovic Dupin





