"En aucun cas, quelque paradis fiscal que ce soit ou trust n'est utilisé par Total pour payer moins d'impôts", a affirmé Christophe de Margerie, lors de son audition au Sénat. Puis de préciser : "oui on est dans un certain nombre de paradis fiscaux mais ces montages ne sont pas faits à des fins de réductions d'impôts".
Il justifie alors le fait que 48 filiales du groupe opèrent dans des pays considérés comme des paradis fiscaux. 42 d’entre elles réalisent dans ces pays des activités économiques, industrielles ou commerciales. Pour les 6 autres, leurs profits sont imposés en France au taux de 36,10%, a-t-il expliqué.
Quant aux 15 filiales du groupe dont le siège social est situé dans ces "paradis fiscaux", elles détiennent des "actifs dans des pays producteurs fortement taxés". Mais leur domiciliation dans un paradis fiscal résulte pour l'essentiel d'acquisitions et "n'apporte aucun avantage fiscal" à Total car si elles étaient immatriculées en France, elles ne paieraient "aucun impôt", assure Christophe de Margerie.
"Aujourd'hui la politique du groupe c'est clairement de ne plus créer d'entités dans ces pays et de rapatrier les sièges sociaux des entités existantes lorsqu'on le peut", a-t-il dit. Il a ajouté par la même occasion que le groupe avait rapatrié deux filiales lors des dernières années et étudiait le rapatriement d'une dizaine d'autres, mais devait veiller à ne pas perdre du même coup les droits liés aux actifs rapatriés.
Puis, aguerri à l’exercice, le patron de Total a défendu son groupe : "Total est probablement une des sociétés qui payent le plus d'impôts sur les sociétés". Il a acquitté l'an dernier 14 milliards d'euros d'impôt sur les sociétés dans le monde, soit un taux effectif de 53%.





