Le 15 septembre, lors de la clôture de la Conférence environnementale, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait interpellé la filière automobile : "Dans 10 ans, nous devrons disposer de véhicules qui consomment 2 litres d’essence pour 100 km." Dans les semaines qui avaient suivi, l’Institut français du pétrole – Energies nouvelles (Ifpen) s’emparait du sujet en affirmant se mettre au travail sur cet objectif "ambitieux mais réaliste". A l’occasion de la présentation de son panorama 2013, l’institut décrit la consommation d’un tel véhicule.
Allégement et aérodynamisme
Pour cela, l’Ifpen prend comme référence une voiture diesel de bonne performance consommant 4,62 litres aux cent kilomètres (l/100 km). Un tel véhicule consomme 0,28 l/100 km à cause de pertes au freinage. L’Ifpen pense pouvoir ramener cette consommation à 0,06 l/100 km. Ce gain passe par une réduction de la masse du véhicule et l’utilisation de systèmes de récupération de l’énergie au freinage.
Les pertes au niveau des pneumatiques représentent 0,34 l/100 km sur le véhicule diesel. Elles doivent être ramenées à 0,22 l/100 km. Cela passe de nouveau par un gain de masse mais aussi par une amélioration du roulement. Selon l’Ifpen, l’aérodynamisme peut être amélioré. Les pertes aérodynamiques du véhicule de référence s’élèvent à 0,45 l/100 km, elles pourraient être diminuées à 0,34 l/100 km. Les frottements internes coûtent 0,13 l/100 km et les pertes au ralenti 0,32 l/100 km. A travers l’amélioration des frottements et grâce à des systèmes "stop & start", le total des pertes pourrait se situer aux alentours de 0,1 l/100 km.
Les pertes thermiques en première ligne
Enfin, le gros du travail porte sur les pertes thermiques et l’échappement. Pour le véhicule diesel performant, ce poste compte pour 3,1 l/100 km. Le travail à mener porte sur l’hybridation, la transmission et le rendement du moteur… Dans ces domaines, l’Ifpen vise un objectif de 1,28 l/100 km.
Si ces chiffres font rêver, ils ne disent pas encore à quoi cette voiture ressemblera ni quand elle sera prête. Suite à l’annonce du Premier ministre, Guillaume Faury, directeur de la recherche et développement chez PSA, avertissait : "Ce challenge technologique est probablement réalisable. Mais de là à avoir des solutions économiquement accessibles pour tout le monde, cela paraît difficile."
Ludovic Dupin





