Avec l’entrée en vigueur dans quelques semaines des normes Euro 6 concernant les émissions polluantes des véhicules, certains prévoient le reflux voire la fin du moteur diesel. En 1872, dans la ville allemande d’Augsbourg, alors qu’il est âgé de 14 ans, Rudolf Diesel écrit à ses parents qu’il veut devenir ingénieur. Diplômé de l’École polytechnique de Münich en 1880, il travaille en France pour son ancien professeur Carl von Linde sur la réfrigération, et développe plusieurs brevets. De retour en Allemagne,souhaitant s’émanciper de von Linde, l’ingénieur thermicien élabore un prototype de moteur à base de vapeur d’ammoniac.
Alors que l’industrie allemande de l’automobile grandit sous l’impulsion de Gottlieb Daimler et de Carl Benz, le chercheur publie un traité sur la construction d’un moteur thermique pour remplacer la machine à vapeur et le moteur à combustion. Son idée : un moteur à allumage par la forte compression du contenu d’un piston qui explose lorsque le carburant y est injecté.
Rudolf Diesel imagine le faire fonctionner au charbon pulvérisé, puis aux huiles végétales ou aux huiles lourdes issues de la distillation du pétrole. Il dépose un premier brevet en février 1893 et convainc le directeur de l’usine MAN d’Augsbourg et l’industriel Alfred Krupp de l’aider à mettre au point un prototype. Le premier moteur commercialisé est présenté à l’Exposition universelle de Paris en 1900. Il faudra attendre 1936 pour voir la première voiture – une Mercedes 260 D – équipée d’un moteur diesel.
Patrick Déniel





