Sur le papier, il n’y a pas photo. Celui qui a fermé une usine, c’est PSA. Celui qui perd 5 milliards d’euros sur un an, c’est PSA. Celui qui vend le moins de voitures hors de France (en pourcentage de ses ventes), c’est PSA. Bref, le mauvais élève de la classe automobile, ce n’est pas Renault. Lui ne ferme pas d’usine en France. Lui devrait afficher de confortables bénéfices. Lui vend plus de 50 % de ses voitures hors de France
Mais ça, c’est sur le papier. Car, quand on creuse un peu ces deux bulletins de note, les appréciations peuvent changer du tout au tout. Si Renault annonce des bénéfices cette année, c’est beaucoup grâce à son allié Japonais Nissan. Si Renault vend plus de 50 % de ses voitures hors de France, c’est grâce à une marque comme Dacia... qui ne possède aucun site en France. Enfin, quand Renault promet de ne pas fermer d’usines, il n’assure pas tellement leur avenir puisqu’il promet d’affecter aux 5 sites français 710 000 véhicules à l’horizon 2018. Ce qui revient à faire produire 142 000 voitures par site... Autant dire un niveau de charge très faible que trois usines suffiraient à assurer.
PSA a un meilleur plan produit
Dans le même temps, PSA ne s’engage pas sur des volumes de production made in France, me direz-vous ? Et c’est juste. Mais si l’on regarde son plan produit, il semble à la fois mieux calibré et plus fourni que celui de Renault. Et sans doute aussi plus apte à assurer la survie de l’ensemble de ses usines françaises. Quand Renault a fait le choix de mettre le paquet sur le 100 % électrique (un marché encore hypothétique), PSA a lui décidé d’opérer une montée en gamme : il suffit de monter dans une Peugeot récente ou une DS pour s’en rendre compte. Sur la gamme, Renault est clairement en retard par rapport à PSA. Son offre ne s’est pas assez renouvelée (l’Espace actuel a 10 ans !) ou l’a été avec des modèles conçus pour d’autres marchés (la Renault Latitude est une Samsung). La marque au Lion annonce, elle, 18 nouveaux modèles pour 2013 et continue d’innover en lançant une DS3 cabrio ou en déclinant l’hybride diesel sur sa gamme.
Bref, quand on regarde en profondeur nos deux constructeurs, le plus malade n’est pas celui qu'on croit...
Thibaut De Jaegher





