Il sera le premier avion gros porteur made in China : d’une capacité de 168 à 190 passagers, le C919, un monocouloir, promet de mettre la révolution chinoise au-dessus des nuages, à partir de 2016, quand les ateliers de montages - à proximité de l’aéroport de Pudong, à Shanghai - auront mis au monde les appareils initiaux.
Le C919 est conçu par la COMAC, une entreprise dans la sphère publique.
L’édition en ligne du Quotidien du Peuple, citant un autre quotidien, le Beijing Daily, révèle que le C919 s’apprête à recevoir ses premières commandes à la fin de l’année 2010. Le mardi 18 mai, les représentants des trois transporteurs aériens aux couleurs de l’ex-Empire du Milieu se sont réunis en présence des dirigeants de l'Administration de l'Aviation Civile de Chine (CAAC)Le propos de cette rencontre n’était autre que d’initier les négociations à l’issue desquels Air China, China Southern Airlines et China Eastern Airlines deviendront les tout premiers acheteurs de cet appareil dont les premiers essais en vol sont prévus en 2014. Le Quotidien du Peuple affirme que «les trois compagnies nationales ont toutes exprimé leur soutien au projet C919».
IL FAUDRA QUADRUPLER LA FLOTTE !
La construction d’un avion chinois répond au besoin, pour les autorités chinoises, de démontrer qu’elles ont atteint des sommets comparables aux grandes puissances occidentales en matière technologique et industrielle. Il s'agit d'un attribut de la puissance économique à laquelle accède la Chine, mais il s'agit aussi d’offrir aux transporteurs aériens desservant cet immense territoire une alternative à Boeing et Airbus. En effet, le trafic aérien s’accroît vertigineusement en Chine, géant continental et mondial dont tout un pan de la population s’enrichit à vitesse grand V.
Pour l’instant, près de 1200 appareils voués au transport de passagers se partagent les cieux chinois. Des études laissent à entrevoir qu’en 2028 il faudra parvenir à un quadruplement de la flotte pour satisfaire la demande, soit 3800 nouveaux avions. LaChine sera ainsi, à l’horizon 2020, le second marché mondial de l’aviation civile.
Les concepteurs du C919 visent en premier lieu le marché intérieur, à commencer par les trois grands compagnies nationale. Pas question d’exporter dès le départ les C919, qui seront à court et moyen termes produits au rythme d’une vingtaine d’appareils par année. Le Quotidien du Peuple se fait fort de rappeler que le futur empereur ailé des cieux chinois n’entend pas menacer Boeing et d’Airbus, «qui maintiendront leur position dominante sur le marché chinois». Par contre, Bombardier et Embraer ont quelques soucis supplémentaires à se faire.
UNE AUBAINE POUR SNECMA ET GENERAL ELECTRIC
Toujours est-il que les bonnes fées du développement durable se seront penchées sur le berceau du gros porteur chinois puisque sa consommation de kérosène sera inférieure de 12 % à 15 % à celle d’appareils comme le Boeing 737 ou l’Airbus A320. De tels atouts, Chen Jin, chef des ventes de la COMAC, les avait fait miroiter en présence de journalistes américains, en 2009. Les Chinois ont même profité des lourdeurs d’Airbus et de Boeing qui ont différé leurs investissements pour un futur moyen-courrier: ils sont les premiers à avoir passé commande de moteurs Leap X destinés à équiper le C919, moins gourmands et moins nocifs pour l’environnement.
Cette nouvelle génération d’équipements propulsifs est développée par CFM International, filiale de Snecma (groupe Safran) et de General Electric. C’est le 21 décembre 2009 que le français Safran a coupé l’herbe sous le pied de Pratt & Whitney en remportant ce contrat historique : l’équipement en moteurs du premier avion moyen courrier de la «République démocratique» de Chine. Une dizaine d’autres équipementiers aéronautiques ont été sélectionnés pour embarquer à bord de cette aventure prometteuse qu’est le C919.





