Le secteur aéronautique pourrait-il faire les frais de la dernière décision controversée du président des Etats-Unis Dolad Trump ? Lundi 30 janvier, trois jours après la signature du décret interdisant l’entrée aux Etats-Unis de ressortissants de sept pays – Iran, Irak, Libye, Soudan, Yemen, Syrie et Somalie -, l’association du transport aérien international (IATA) a fait part de ses inquiétudes.
"Le décret a été signé sans coordination ni avertissement préalable, ce qui a causé la confusion entre les compagnies aériennes et les voyageurs, regrette l’Iata dans un communiqué publié sur son site internet. Il a également imposé aux compagnies aériennes des contraintes supplémentaires pour satisfaire à des exigences peu claires, des coûts de mise en œuvre et des pénalités potentielles pour non-conformité". Le site flightglobal.com précise que suite à ce décret, d’une durée de 90 jours, certaines compagnies aériennes ont modifié leurs équipages de vol.
Au-delà des compagnies aériennes, premières touchées, Boeing pourrait-il subir des mesures de rétorsions commerciales ? Comme le souligne le site spécialisé Leeham News, deux pays sur la liste ont signé des commandes avec l’avionneur américain, l’Iran et l’Irak. Dans le détail, Iran Air a commandé cinquante 737 et trente 777, pour un prix catalogue de 16,6 milliards de dollars. Après la chute de Saddam Hussein, l’Irak a passé commande pour dix 787 Dreamliner et 18 737, une grande partie de ce contrat restant à honorer.
Des rapports musclés

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Au global, les commandes passées avec ces deux pays représentent environ 20 milliards de dollars, chiffre CNBC. "Nous pensons que l'interdiction de voyager du président pourrait avoir des implications négatives pour les commandes de l'Iran et de l'Irak, estime un expert du CFRA Research cité sur le site internet du média américain. Nous considérons que ces contrats sont vulnérables à l'annulation […]". Pas de quoi améliorer les relations entre Boeing et le nouveau président américain.En décembre dernier, Donald Trump fustigeait le prix de l’avion présidentiel Air Force One. Egalement dans la balance, le prix de l’avion de combat F-18 Super Hornet, en compétition avec le F-35 de Lockheed Martin.
Contacté, un porte-parole de Boeing rappelle que le patron du groupe, Dennis Muilenburg, a rencontré Donald Trump à la mi-janvier. "Il n’y a pas d’animosité concernant Boeing, assure le porte-parole. Nous continuons d’avaluer les conséquences que pourrait avoir ce décret et nous suivons de près les mesures du Congrès, de l’administration et du ministère de la Justice". Reste que pour ses activités civiles comme militaires, Boeing - à l'instar des constructeurs automobiles - va devoir composer avec un président par trop imprévisible.





