Au milieu des champs de blé picards où tournoient quelques éoliennes, des tables de ping-pong prennent le soleil. "On étudie leur réaction aux rayons UV, explique Nicolas Havard, le responsable R&D de la société Cornilleau. Et elles résistent plutôt bien !" À Bonneuil-les-Eaux (Oise), le seul fabricant français de tables de ping-pong vient de commercialiser un nouveau modèle destiné aux collectivités, la "Park". Composée d’une structure en métal galvanisé et recouverte d’un panneau en stratifié massif de 9 mm, elle s’avère plus robuste que les tables concurrentes, soumises aux mêmes tests. Nicolas Havard en désigne une en béton dont le plateau s’effrite et une autre en composite atteinte par la pourriture.
Depuis un an, 350 unités ont été produites sur un total de 100 000 tables loisir et compétition, déclinées en une soixantaine de modèles. Né après-guerre, le menuisier Cornilleau est approché en 1969 par une entreprise voisine pour fabriquer des tables de ping-pong. Succès immédiat. Aujourd’hui, la société (66 salariés) réalise 27 millions d’euros de chiffre d’affaires, en hausse constante de 1 million d’euros par an. "Nos produits sont de très haute valeur ajoutée", assure Michel Zany, le PDG. Une raison pour laquelle Décathlon, axé sur l’entrée de gamme, est son premier client. "Nous travaillons avec un panel de sous-traitants locaux qui fournissent les pièces plastiques et métalliques." Cornilleau peaufine les plateaux en stratifié et aggloméré en provenance d’Italie et d’Allemagne. Mais le cœur de son métier, c’est la conception et l’assemblage. 15 % de son chiffre d’affaires concerne les raquettes et les accessoires qu’il sous-traite en France et en Asie. À terme, Cornilleau pourrait rapatrier cette activité à Bonneuil-les-Eaux.
Timothée L'Angevin





