« Elle est pleine à craquer ! ». Implantée sur 45 hectares, à Solférino, dans les Landes, la plus grande aire de stockage de bois de France, stocke pas moins de 740 000 tonnes de bois, issues de la tempête Klaus, survenue fin janvier 2009.
La noria de camions a démarré à l’été 2009. 185 camions par jour ont déboulé sur l’aire au plus fort du mouvement. Il fallait faire vite. Et répondre à deux préoccupations : d’abord sauver les bois (essentiellement du pin des Landes), de l’attaque des champignons et des insectes. Deuxième objectif : éviter que ces bois n’encombrent le marché, ce qui aurait provoqué la chute des prix.
Le site a nécessité un investissement de 4,3 millions d’euros, sachant que la Région Aquitaine a apporté une subvention de 476 910 euros, soit 10 % du montant global. L’Etat est intervenu à hauteur de 50 %, l’Ademe à 10 %, idem pour le conseil général des Landes.
C’est la Société Forestière, filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations, spécialisée dans la gestion des forêts pour le compte de divers propriétaires (dans les Landes elle gère 45 000 hectare de pin) qui a concocté le cahier des charges de cette aire, qui a suivi le chantier et qui a assure le bon fonctionnement de ce site de stockage.
Les bois sont stockés selon leur qualité (bois de structure de lambris, de trituration) et selon les clients qui ont apporté ces bois. A savoir la Société Forestière pour 30 %, la Forestière Girondine, un exploitant forestier pour 10 % et Forestière de Gascogne, du Groupe Gascogne pour 60 %. L’aire a nécessité de lourds travaux de terrassement et de nivellement.
Tout un système de pompes et de canons d’arrosage a été installé. « Pour éviter l’apparition d’insectes et champignons sur le bois, il faut gorger d’eau le bois afin d’enlever tout l’oxygène », explique Laurent Mevel, chargé de mission pour les aires de stockage, à la Société Forestière.
Le système d’aspersion par canons doté d’un débit d’eau de 136 mètres cubes/heure, est déclenché pendant deux mois jour et nuit. Au bout de deux mois, on passe à un cycle d’arrosage (trois heures en discontinu, trois heures d’arrêt). Un cycle surtout valable en été. En hiver et jusqu’en mars, l'arrosage est interrompu. Après l'aspersion des bois, l’eau s'écoule vers les bassins qui servent de réserves. Malgré tout, on peut estimer la perte en eau à 10 %.
Côté électricité, la note est salée pour assurer le bon fonctionnement des pompes : 40 000 euros par mois entre la fin du printemps et la fin de l'été. La filiale de la Caisse des dépôts refacture la note aux clients au prorata des tonnes stockées. Une étude a été lancée à l’initiative de la FCBA pour optimiser davantage les coûts induits par l’aspersion.
Les résultats devraient être rendus en fin d’année. Ces bois devraient rester sur l’aire au minimum deux ans et au maximum cinq ans. « Le bois sera racheté par des industriels locaux. Au plus offrant », note Laurent Mevel.




