"L'amélioration de la compétitivité des exportateurs allemands est de plus en plus identifiée comme la cause structurelle des difficultés récentes dans la zone euro", souligne l'OIT. La charge est violente.
Pour l'OIT, le choix de l'Allemagne de restaurer sa compétitivité en baissant les salaires notamment dans les services a joué un rôle non négligeable dans le déclenchement de la crise actuelle dans les pays de la zone euro. Alors que la productivité allemande est restée globalement proche de celle observée dans le reste de la zone euro depuis 1995, les salaires ont reculé de presque 10 % ces quinze dernières années par rapport à la moyenne de la zone euro.
"Les coûts unitaires du travail en Allemagne ont baissé par rapport à ceux de ses concurrents au cours de la dernière décennie, la croissance économique de ces pays s'est retrouvée sous pression, avec des conséquences néfastes pour leurs finances publiques", conclut le rapport.
"Plus encore, ces pays en difficulté n'ont pas pu utiliser l'export pour compenser la baisse de leur demande domestique car leurs secteurs manufacturiers ne peuvent profiter d'une demander plus forte en Allemagne", est-il précisé dans le document.

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La faiblesse des services
Alors que la stratégie allemande est souvent citée en exemple en France, les experts de l'OIT font aussi part de leurs doutes sur son efficacité. "L'impact de la déflation des salaires sur la création d'emplois reste peu claire" alors que les inégalités de revenus se sont dans le même temps accru "à une vitesse jamais vu depuis la réunification.
Quant aux succès à l'étranger du "Made in Germany", il tient surtout à la bonne spécialisation géographique de ses exportateurs, très présents sur les marchés émergents.
Que faire alors ? Pour sortir du "marasme économique prolongé" qui menace la zone euro, les experts de l'OIT plaident pour une augmentation de la productivité dans les services en Allemagne, pour l'instant peu performants.
"Cela aurait des effets d'entrainement sur tout le reste de l'Europe et entrainerait une répartition plus équitable des revenus entre les salariés". Bref, plutôt que d'imiter l'Allemagne, c'est à l'Allemagne de changer.





