Quand on s’appelle GDF Suez, qu’on est le troisième importateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), c’est une flotte de 17 méthaniers de 150 000 à 200 000 m3 que l’on doit guider chaque jour à travers les mers du globe. Rien de trop pour s’imposer sur un marché mondial de près de 250 milliards de dollars par an. Pourtant, chez GDF Suez, il en est qui croient au GNL de détail… Un monde où le gaz liquéfié se transporte en petites quantités : par petits méthaniers de 5 000 m3 ou par camions de 40 m3. "C’est la dentelle du GNL", s’amuse Denis Bonhomme, directeur de la stratégie du GNL chez GDF Suez.
Ces petits volumes sont destinés à "de nouveaux usages du GNL comme source d’énergie pour des industries isolées du réseau de gaz ou comme carburants", rapporte Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez. L’application carburant, en substitution de carburants traditionnels, semble particulièrement prometteuse pour le transport routier, le transport maritime et, dans une moindre mesure, pour le ferroviaire.
Un marché de 5 milliards de dollars
Aux Etats-Unis, la faiblesse des prix du gaz, grâce aux hydrocarbures, favorise la substitution du diesel pour les grands camions. En Europe, de nouvelles législations sur la désulfuration des carburants dans la marine favorisent un remplacement du fioul lourd, très polluant. En Asie, plus prosaïquement, la soif insatiable d’énergie laisse la place au GNL carburant. La technologie des réservoirs et des moteurs GNL existe déjà. Mais elle est coûteuse. Dans le cas de camions, une motorisation GNL coûte plusieurs milliers de dollars de plus qu’un moteur diesel et demande des réservoirs deux fois plus grands pour la même autonomie.
Les marchés alternatifs sont aujourd’hui de "petite" dimension : 5 milliards de dollars par an dans le monde. D’ici à 2025, ce marché de détail pourrait compter pour 13 % des volumes de GNL échangés dans le monde, prédit Gérard Mestrallet, le PDG de GDF Suez... soit un marché mondial de 30 à 50 milliards de dollars.
Ludovic Dupin





