Cette semaine, le tribunal de commerce de Quimper devait prononcer la liquidation de l’abattoir Doux de Pleucadeuc (Morbihan). Nouvelle étape dans l’effilochage d’un empire industriel. Le 12 février 1955, la famille nantaise Doux débarque à Châteaulin, petite bourgade du Finistère, la machine à plumer les poulets et les cages entassées sur le toit du camion. Pierre Doux avait une activité de découpe de poulets qu’il vendait sur les marchés. Dans les années 1970, son fils Charles, autodidacte, a le sens des affaires. La grande distribution se développe, et dans son sillage l’agriculture bretonne, sous perfusion de la politique agricole commune (PAC). Il faut produire en masse : Charles Doux bâtit une filière intégrée de l’œuf à l’usine.
Grâce à Bruxelles, Doux se positionne sur l’exportation à partir du port de Brest de poulets congelés vers le Moyen-Orient. Visionnaire, Charles Doux voit la concurrence pointer à l’international et tente l’aventure industrielle au Brésil. Gourmand, le groupe fait des investissements hasardeux dans les années 1990 aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Chine… et s’endette plus que de raison. 2003 : il est au bord du dépôt de bilan, mais va être maintenu sous perfusion pendant près de dix ans avant la chute de Charles Doux. C’est désormais Jean-Charles, son fils, qui va tenter de sauver les meubles dans les prochaines semaines en présentant un plan de continuation. La famille Doux est désormais minoritaire dans un empire en déliquescence.
Patrick Déniel





