En ouverture de la COP21, la présidence française défend un accord contraignant

Laurent Fabius, président de la COP, a inauguré la COP21 qui se déroule jusqu’au 11 décembre à Paris. D’une même voix avec le président François Hollande, il a appelé les négociateurs à aboutir à un accord juridique contraignant pour maintenir le réchauffement climatique sous 2°C.

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Crédits @cop21 Twitter 

Lundi 30 novembre, depuis 8h, François Hollande, Ségolène Royal, Manuel Valls et Laurent Fabius se relaient à l’entrée du site de la COP21 au Bourget dans le Nord de Paris pour accueillir les quelques 150 chefs d’Etat et de gouvernement venus participer au "leader event", la journée consacrée aux décideurs. Il doivent tous s’exprimer à la tribune pour donner leur vision et leurs engagements sur la COP21.

A 10 heures, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a été officiellement nommé Président de la COP21 par acclamation. Une présidence qui doit durer une année jusqu’à la COP22 qui se déroulera à Marrakech au Maroc fin 2016. Il a déclaré que "la présidence française n’a pas d’agenda caché ou de texte dans la poche. Nous voulons créer la confiance entre nous tous (…) l’enjeu est trop important pour rester sur un accord a minima".

Une déclaration appuyée par Christiana Figueres, secrétaire exécutive de l’UNFCCC (United Nations Framework Convention on Climate Change) : "Nous devons reconnaître nos différences passées et à venir et pourtant nous engager pour le bien commun". Et d’ajouter : "La ville lumière doit devenir une balise d’espoir !".  

Un accord juridiquement contraignant

A défaut d’un objectif personnel, la France est bien décidée à imposer un accord qui contraint les Etats du monde à respecter leurs engagements pour maintenir un réchauffement en dessous de 2°C, voire en dessous de 1,5°C. "L’accord doit être universel et contraignant", a réaffirmé François Hollande qui a aussi insisté pour que les engagements puissent être revus tous les cinq ans selon l’évolution des données scientifiques sur le climat.

Laurent Fabius a confirmé ces propos en appelant à un accord "universel et ambitieux et juridiquement contraignant (…). Dans le passé nous n’avons pas pu conclure (un tel accord). Pendant ces onze petits jours, il ne faudra pas perdre notre temps dans des débats de procédure". La volonté française risque de se heurter à l’opposition de plusieurs pays comme les Etats-Unis qui voient d’un mauvais œil un tel accord.

Le terrorisme en toile de fond

Au-delà de l’ouverture des débats climatiques, cette cérémonie n’a pas fait l’impasse sur l’autre défi de la planète : le terrorisme qui a touché ces dernières semaines Paris, Tunis (Tunisie) et Bamako (Mali). Le président des Nations Unies Ban Ki-Moon a initié une minute de silence, puis le Président français a lancé : "La lutte contre le terrorisme et la lutte contre le changement climatique sont deux enjeux mondiaux. Nous devons à nos enfants un monde libéré de la terreur et une planète viable".

Pour Laurent Fabius, la COP21 engage déjà un succès car "150 chef d’état sont réunis ici malgré la récente tourmente. Par votre mobilisation, vous montrez que la civilisation et la solidarité sont plus fortes que la barbarie" a-t-il lancé à la tribune.   

Au Bourget (Seine-Saint-Denis), Ludovic Dupin

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