C'est l'histoire d'un ingénieriste français en visite en Chine. Ce fournisseur des grands industriels français présente son portefeuille, parle de Renault, de Peugeot à son interlocuteur, puis cite Airbus. Là, le visage du Chinois s'anime enfin. Il reprend au bond : "Airbus ? I know. It's a good german plane !". Les propos d'un Chinois ignorant ? On pourrait se le dire pour se rassurer. Mais pour ce patron français, cette anecdote révèle la manière dont l'avion franco-allemand est perçu sur le reste de la planète : un produit de facture essentiellement germanique, mâtiné d'un peu de génie français... On peut s'en offusquer ou se rappeler que ce n'est qu'un juste retour des choses.
Le mot Airbus est une invention allemande. On l'a un peu oublié, mais avant de devenir le nom du consortium européen destiné à concurrencer les avionneurs américains, il fut celui d'un regroupement d'industriels allemands. La Deutsche Airbus rassemblait les entreprises Messerschmitt-Bölkow-Blohm (nées de la fusion des principaux industriels aéronautiques allemands en 1969) et VFW-Fokker. Les Allemands ont adopté le sobriquet que l'on attribuait aux avions capables de transporter plus de 200 passagers dans les années 1960 : les air-bus ou, en français, aérobus. "Le Monde" emploie ce terme dès 1965 dans ses colonnes. Aujourd'hui, c'est devenu un patronyme aussi connu que Boeing ! Sa définition : Airbus, nom propre désignant un avion européen. Également utilisé à l'étranger pour désigner un aéronef allemand.





