Centraliserle financementde ses filiales

En mixant affacturage et titrisation, le groupe lyonnais IPH a globalisé le financement de la trésorerie de ses filiales françaises et européennes.

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Pascal Cesbron-Lavau est le directeur financier d’IPH.

Lorsque le groupe IPH est racheté par le fonds PAI Partners, en février, il doit revoir sa stratégie de financement à court terme. Pour financer son haut de bilan, le groupe de distribution de fournitures industrielles installé à Lyon émet un emprunt obligataire de 180 millions d’euros, à sept ans. Reste à trouver une solution pour les besoins en fonds de roulement (BFR) de sa vingtaine de filiales françaises et de celles situées dans cinq pays européens… Un financement basé sur les actifs du groupe semble la méthode la plus adaptée. Avec une condition. "Nous voulions une solution globale", tranche Pascal Cesbron-Lavau, le directeur financier du groupe qui réalise un chiffre d’affaires de 895 millions d’euros.

IPH va mettre en place une solution originale mêlant la titrisation et l’affacturage. Les factures des filiales françaises sont concernées et, nouveauté pour le groupe, celles des entités allemandes et néerlandaises seront englobées dans le contrat. "Le financement précédent d’IPH était uniquement sur la France et limité dans son montant, note François Terrade, le directeur des financements structurés de GE Capital, l’établissement financier qui gère l’opération. Il fallait cette fois passer à l’étape supérieure avec un financement plus global, sur du plus long terme, et adaptable à la stratégie de croissance organique et de croissance externe du groupe."

Un fonds commun de titrisation (FCT) a été constitué, auquel la maison mère cède les factures de ses filiales, à la manière d’une opération d’affacturage. IPH bénéficie ainsi d’une ligne de financement pouvant aller jusqu’à 160 millions d’euros, qu’il peut distribuer à ses filiales françaises et étrangères en fonction de leurs besoins. GE Capital s’engage à financer l’opération sur six ans. De son côté, pour se financer, le FCT émet des obligations, majoritairement souscrites par GE Capital. Le groupe IPH achète environ 10% du fonds, ce qui correspond aux réserves habituelles dans les contrats d’affacturage ou de titrisation. "Pour chaque filiale, cela s’apparente à de l’affacturage, note Pascal Cesbron-Lavau. Cela a donc rapidement été mis en place." D’autant que seule la maison mère a dû négocier le contrat, et non chacune des filiales.

Avoir une surface financière minimale

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Pour ce groupe qui s’est constitué principalement par croissance externe et qui ambitionne d’acheter de nouvelles sociétés, ce dispositif centralisé facilite également la gestion des acquisitions à l’étranger. "À chaque fois que nous achetons une filiale hors de France, il nous faut trouver un financement pour son BFR, ce qui n’est pas simple quand on n’est pas connu par les banques du pays en question", explique Pascal Cesbron-Lavau. Chaque nouvelle filiale pourra désormais se raccrocher à la centrale de financement. Ce mélange de titrisation et d’affacturage ne s’adresse cependant pas à tous les types d’entreprises, il faut une surface financière minimale pour que l’opération de titrisation puisse se faire (un chiffre d’affaires d’environ 250 millions d’euros selon GE Capital). Question coût, le directeur financier d’IPH assure que la solution choisie est compétitive par rapport à une titrisation bancaire classique. Avec un avantage pour la maturité de la dette. « Nous avions mis cette option en concurrence avec une solution bancaire, confie-t-il. La différence portait sur la maturité. La banque était plutôt sur quatre ans."

Un hybride entre affacturage et titrisation

  • Affacturage L’entreprise vend ses créances à une société d’affacturage et perçoit en échange le financement anticipé des factures, moins une réserve garantissant les éventuels impayés. L’établissement financier s’occupe ensuite du recouvrement de ces créances auprès des clients de l’entreprise.
  • Titrisation L’entreprise cède ses créances à des investisseurs sur les marchés de capitaux, en les regroupant au sein d’un véhicule financier créé pour l’occasion. Une banque fait en général l’intermédiaire entre la société et les investisseurs et évalue, avec les agences de notation, le risque lié à l’opération.
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