Y aura-t-il seulement un état de grâce ? En 2012, François Hollande avait vu le sien se dissiper très vite, sous l’accumulation de plans sociaux. Son successeur à l’Elysée va devoir se retrousser les manches. Sorti victorieux de son duel du deuxième tour face à Marine Le Pen, Emmanuel Macron arrive à la tête d’un pays fracturé par la très forte progression de l’extrême droite. Le plus jeune président de la Cinquième République l’a déjà dit, il ne croit pas au mythe des "100 jours". Mais il sait que pour montrer qu’il est capable de réformer la France, il va devoir agir vite. Revue des principaux dossiers qui l’attendent dès le 15 mai.
Les législatives de juin dans le viseur
A peine installé à l’Elysée, le nouveau président va devoir se focaliser sur les élections législatives, qui se déroulent du 11 et 18 juin. Dès le lendemain du deuxième tour, Emmanuel Macron et sa garde rapprochée vont devoir finaliser les investitures des candidats de son mouvement "En Marche !" dans les 577 circonscriptions. Seules une quinzaine d’investitures ont déjà été officialisée. La capacité de "En Marche !" d’obtenir la majorité absolue au palais Bourbon – et donc d’être en capacité de gouverner - reste pour l’instant une inconnue.
Emmanuel Macron fait le pari que sa victoire à la présidentielle permettra de créer une dynamique en faveur de son mouvement. Le premier sondage consacré aux législatives dévoilé par les Echos le 4 mai semble lui donner raison : " En Marche !" y est crédité de 240 à 280 sièges, devant la droite républicaine. Mais le nouveau président a ses fragilités : le vote en sa faveur a été davantage un choix de raison plus qu’un vote d’adhésion pour une bonne partie de ses électeurs. Laminés par l’élimination de son candidat dans cette élection supposée imperdable, les Républicains espèrent suffisamment serrer les rangs derrière François Baroin pour imposer une cohabitation, qui serait inédite, ou une coalition.

- 144+0.28
Septembre 2025
Indice mensuel du coût horaire du travail révisé - Salaires et charges - Tous salariés - Industrie manufacturière (NAF rév. 2 section C)base 100 en décembre 2008
- 0.8716+0.06
13 Février 2026
Livre sterling (GBP) - quotidien£ GBP/€
- 0.3-40
Trim 3 2025
Salaire ouvriers - Ensemble DE à RU% sur dernier mois du trimestre précédent
Les premières décisions du nouveau président, à partir du 15 mai, concerneront bien sûr la composition de l’équipe gouvernementale. Ses choix seront examinés à la loupe Emmanuel Macron a promis de nommer seulement une quinzaine de ministres, dont la moitié issue de la société civile. Contrairement à Marine Le Pen, l’ancien ministre de l’Economie avait fait le choix de ne pas dévoiler le choix de son Premier ministre avant le deuxième tour. Centriste, personnalité de gauche, de droite ? … Ses premiers choix seront suivis à la loupe.
Les grands chantiers de réformes
Le programme de travail d’Emmanuel Macron est ambitieux. Avant même les législatives, le gouvernement devrait présenter deux projets de lois en conseil des ministres. Comme un écho à la campagne, le premier devrait porter sur la moralisation de la vie politique. Le second concernera la simplification de la vie des entreprises, comme l’a détaillé Emmanuel Macron dans une interview au "Journal du Dimanche" début avril. Le gouvernement devrait présenter mi-juin un projet de loi d’habilitation pour lui permettre d’agir par ordonnances dans ce domaine. Il devrait notamment instaurer un droit à l’erreur pour les entreprises et graver dans le marbre le principe d’une norme supprimée pour une nouvelle norme. Des dispositions inspirées par Françoise Holder, la fondatrice des boulangeries Paul, et co-présidente du conseil de la simplification, qui a rejoint "En Marche !".
Mais sur le plan des réformes, le grand test est attendu "dès l’été". Le gouvernement devrait détailler avant la rentrée son projet de loi pour simplifier le droit du travail et décentraliser la négociation dans l’entreprise. Là aussi Emmanuel Macron veut agir par ordonnances, même s’il propose désormais une "concertation accélérée" dans les premières semaines du quinquennat. "Les textes sont prêts", estimait Emmanuel Macron début avril, lors d’une audition devant le patronat. Autres priorités affichées des premiers mois : la limitation dès la rentrée 2017 du nombre d’élèves à 12 par classes dans les quartiers prioritaires et la réforme de l’action publique, en limitant à trois mois le temps consacré à légiférer par l’Assemblée nationale au profit du contrôle et du suivi de l’exécution des réformes. Emmanuel Macron a aussi annoncé la tenue d’états généraux de l’alimentation, pour gérer la crise agricole. La grande réforme de la fiscalité en revanche attendra l’automne.
Les rendez-vous européens incontournables
Ce devrait être l’un de ses premiers déplacements. Le nouveau président de la République a prévu de rencontrer rapidement Angela Merkel, la chancelière allemande. Le 26 mai, il doit aussi rencontrer le président américain Donald Trump lors du G7 en Italie. Les échéances européennes vont rapidement se rappeler au locataire de l’Elysée. Le 11 mai, la Commission européenne présente ses prévisions économiques de printemps, qui doit confirmer ses prévisions de déficit et ouvrir la voie à ses recommandations dans le cadre du semestre européen. Jusqu’à présent, la Commission table sur un déficit de 2,9 % en 2017, sous la barre des 3 %. Un dérapage compliquerait sérieusement l’équation du nouveau président, qui mise sur sa crédibilité retrouvée pour peser en Europe. Emmanuel Macron ne prévoit pas de faire de collectif budgétaire à l’été et veut concentrer ses mesures budgétaires à l’automne, dans le cadre de la discussion de la loi de Finances. Une loi doit aussi fixer les grandes orientations fiscales du quinquennat et éviter "la chirurgie multiple en matière fiscale".
Pour faire avancer son projet de relance européenne, le nouveau président a aussi prévu un tour des capitales européennes au cours de l’été. En Europe, Emmanuel Macron pourra capitaliser sur l’aura positive de son élection, accueillie favorablement par les milieux europhiles. Mais aucune avancée ne peut avoir lieu avant les élections allemandes de septembre. D’autant que Bruxelles est accaparé par les négociations du Brexit.
Les dossiers industriels
Emmanuel Macron bénéficie d’une meilleure conjoncture que François Hollande pour le début de son quinquennat. Le moral des industriels est au plus haut depuis 2011, les investissements des entreprises ont nettement accéléré depuis deux trimestres et les défaillances d’entreprises ont reculé. Rien à voir avec 2012 et son avalanche de plans sociaux dans les mois qui ont suivi l’élection, de Sanofi à PSA en passant par Doux. Mais même si le précédent gouvernement a géré le dossier STX, plusieurs dossiers vont devoir encore être suivi dans les prochaines semaines. Notamment celui de la recherche d’un éventuel repreneur pour l’usine Whirlpool d’Amiens et le suivi du plan social chez Vivarte.





