La capitale française de la chaussure de luxe, Romans-sur-Isère, perd son dernier grand fabricant. L’entreprise Robert Clergerie, née en 1980, a été placée en liquidation judiciaire le 8 avril. Sont concernées ses trois composantes : les sociétés SSB en charge de la production, JHJ en charge de l’activité commerciale et Tiger Mode, entité qui détient la marque.
Chargé de statuer sur le dossier depuis plusieurs mois déjà, le tribunal de commerce de Romans a acté la fin de l'entreprise, pas convaincu par l’unique offre de reprise qui lui était parvenue. Formulée par un actionnaire minoritaire de l’entreprise, l’offre en question reposait sur le rachat de la marque et de deux boutiques et sur le transfert de la production à l’étranger, ce qui aurait engendrer le licenciement d’une trentaine de personnes sur la soixantaine encore sous contrat.
L’entreprise Clergerie - alors propriété du groupe French Legacy - avait été placée en redressement judiciaire en 2023 avant finalement d’être reprise par le groupe californien Titan Industries via sa division footwear. Depuis, le spectre d’une issue fatale planait sur le chausseur romanais, l’entreprise cumulant un passif de plusieurs millions d’euros.
Une spécialité industrielle depuis le Moyen-Âge
La cessation d’activité de Robert Clergerie (44 ans après sa création) signifie la fin d’une aventure industrielle démarrée au Moyen Âge et qui à son apogée, faisait travailler la quasi totalité de la ville alors érigée en écosystème local avec son lot de donneurs d’ordres et une kyrielle de sous-traitants spécialisés. Ne subsistent désormais que quelques ateliers artisanaux.
Les traces de l'activité de production de chaussures tendent à disparaitre dans la ville. Des travaux de déconstruction de l’ancienne usine Charles Jourdan (liquidée en 2011) viennent tout juste de commencer pour laisser place à un complexe sportif, tandis un nouveau lotissement sort de terre sur le site de l’ancienne friche Stéphane Kélian (liquidée, elle, en 2005).





