Air Liquide pousse la voiture à hydrogène

Le producteur de gaz constate le retard de la France, et propose plusieurs initiatives pour préparer le développement des véhicules électriques à hydrogène. Pour appuyer son propos, une dizaine de voitures étaient en démonstration sur le circuit automobile de Marcoussis, près de Paris.
Voiture à hydrogène - Air Liquide
Voiture à hydrogène - Air Liquide

"Si 10% des véhicules dans le monde roulaient à l’hydrogène, cela représenteraient pour nous un marché supplémentaire de 100 milliards d’euros". En deux chiffres, le patron d’Air Liquide, Benoît Potier, situe l’enjeu du développement des véhicules électrique à hydrogène pour son groupe. Sur le circuit de Marcoussis (Essonne), le producteur de gaz a convié plusieurs constructeurs (Daimler-Mercedes, Honda, Toyota, Hyundai, Opel, Peugeot) à présenter leurs véhicules prototypes.

Une démonstration destinée à prouver que la propulsion automobile à l’hydrogène est une technologie qui marche, mais qui a aussi permis à Air Liquide de souligner les conditions de son déploiement. Et les initiatives qu’il juge nécessaires.

Contrairement aux véhicules électriques actuels qui stockent de l’électricité dans une batterie, la voiture à hydrogène la fabrique lui-même au moyen d’une pile à combustible. Celle-ci, à partir d’un réservoir d’hydrogène, et de l’oxygène de l’air, fabrique de l’électricité et ne rejette que de la vapeur d’eau. Avec 5 kilos d’hydrogène (sous 700 bar), le véhicule électrique à hydrogène est crédité de 500 km d’autonomie, contre, aujourd’hui, environ 150 km pour les voitures sur batteries.

Une étude pour quantifier les investissements

Des atouts qui ne suffiront pas pour s’imposer sur le marché automobile. Notamment en France. "En Allemagne, quinze stations distribuent de l’hydrogène, et 100 sont prévues pour 2015. A la même date, le Japon en prévoit autant, contre douze aujourd’hui. En France, il n’en existe aucune, et pour l’instant rien n’est prévu", s’alarme Benoît Potier qui souhaite donc un plan d’installation de stations service, dans lequel le groupe est prêt à investir.

Le producteur de gaz réclame aussi qu’une étude économique, initiée par les pouvoirs publics, permettent de quantifier les besoins d’investissements pour la France, afin que les acteurs de la filière aient une meilleure visibilité, sachant que les premiers véhicules commerciaux sont annoncés pour 2015. Enfin, toujours selon Air Liquide, il est urgent pour la France de réfléchir à une réglementation spécifique concernant l’implantation des stations service d’hydrogène : "Aujourd’hui, elles relèvent de la réglementation Seveso", souligne Benoît Potier.

Sur le plan technologique, Air Liquide coordonne depuis 2008 le projet H2E (Horizon Hydrogène Energie), doté d’un budget de 200 millions d’euros sur 7 ans, qui planche sur tous les maillons de la chaîne (production de gaz, stockage, pile à combustible). A son programme, entre autres, la production d’hydrogène à partir d’énergies renouvelables : la condition pour qu’à terme, la voiture à hydrogène soit vraiment "zéro émission".

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