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Exposition "Des hommes et des lieux ; destinées métallurgiques en pays châtillonnais"

JEAN-LOUIS SALQUE

Publié le

L’exposition "Des hommes et des lieux ; destinées métallurgiques en pays châtillonnais", présentée au musée du Pays Châtillonnais jusqu’en mai 2016 à Châtillon-sur-Seine en Côte d’Or, part du travail photographique de Claire Jachymiak.  Ses deux campagnes, l’une menée à Bourgogne Fonderie, usine à présent fermée, l’autre à Sainte-Colombe-sur-Seine, sont un hommage à ceux qui, "invisibles", font tourner les machines.

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Exposition Des hommes et des lieux ; destinées métallurgiques en pays châtillonnais
Le pays châtillonnais tient une place importante dans l’histoire de la métallurgie française. La région fut, du 17e au 19e siècle,constellée de mines, hauts-fourneaux, forges et ateliers. Au fil de cette histoire, seules quelques figures d’hommes sont encore connues : celles de possédants, maîtres de forges et marchands de fer. Pourtant, l’activité métallurgique a modelé la vie de générations d’ouvriers et de leurs familles.

Photo 1/8 @Claire Jachymiak

Exposition Des hommes et des lieux ; destinées métallurgiques en pays châtillonnais

"Nous sommes aussi tous un peu déguisés dans nos accoutrements de bataille, pulls troués, veste ou pantalon ouvert ou déchirée, brûlés, des bonnets troués, des drôles de casquettes, la figure tachetée comme un dalmatien, les gueules noires, et quelquefois tout le bonhomme est noir." 

Photo 2/8 @Claire Jachymiak

Exposition Des hommes et des lieux ; destinées métallurgiques en pays châtillonnais
"La maternelle se trouvait à côté des bureaux de l'usine, un petit local qui est devenu ensuite la bibliothèque. Donc, on faisait une ou deux années de maternelle. On allait au cours préparatoire chez Mme Martinet, c'était garçons et filles, à l'heure actuelle c'est les bureaux de l'usine. Ensuite, on revenait sous la mairie jusqu'au certificat d'études. "Qu'est ce qu'il va faire ton gars ?" "Ben, il me dit, « il va rentrer à l'usine". Je lui ai dit : "non, il faut l'envoyer au collège".

Photo 3/8 @ Claire Jachymiak

Exposition Des hommes et des lieux ; destinées métallurgiques en pays châtillonnais

"Dans un moule, quand il est coulé, vous avez son empreinte mais pour arriver à couler dedans, vous avez des tas d'artifice. Vous allez avoir un système de chenal qui va permettre à la fonte de se diriger vers votre pièce, et pour aller atteindre cette pièce après le chenal vous avez des attaques. On appelle ça des attaques de coulée qui vont aller,  comme des vaisseaux sanguins, alimenter cette pièce. C'est pas fait n'importe comment non plus puisque c'est un calcul de force. Vous avez un débit de descente de coulée et avec ça il va falloir distribuer sous différents échelons votre fonte dans la pièce". "On arrivait à sortir des pièces que d’autres fonderies n’arrivaient pas à fabriquer. On avait la bonne méthode et le savoir-faire, c’était ça, surtout, le savoir-faire". 

Photo 4/8 @Claire Jachymiak

Exposition Des hommes et des lieux ; destinées métallurgiques en pays châtillonnais

"Le noyau à l'huile, il fallait l'étuver. Il fallait le fabriquer, le faire sécher un peu, au besoin le mettre sur des gabarits pour ne pas qu'il se déforme ou sur des plages de sable. Après ça, on rentrait ça dans une étuve à 280 degrés et le cuire pendant plusieurs heures. Ensuite, on ressortait le noyau et à ce moment-là, il fallait le remmouler mais à l'intérieur de ce noyau-là, il fallait faire des tirages de gaz avec des mèches de bougies, ou alors tirer les gaz à la main en faisant des trous. Et toutes ces choses-là, c'est des gens qui avaient du métier qui faisaient ça". 

Photo 5/8 @ Claire Jachymiak

Exposition Des hommes et des lieux ; destinées métallurgiques en pays châtillonnais

"Je crois qu'il y a pas beaucoup d'usines où c'est comme ça. Là, on a rigolé. Ha, le boulot était fait mais c'est vrai qu'il y avait une bonne ambiance. Là, on reverra jamais ça... Tu te rappelles de celui qui était à la peinture, qui peignait les noyaux. Lui, c'était pas le dernier. Il s'amusait, il nous foutait par terre, il était tout le temps en train de nous sauter dessus. Ça, c'est le seul truc que je regrette, de là-dedans. L'hiver, on était gelé, l'été, c'est vrai qu'il faisait chaud, mais, bon, ça se faisait". 

Photo 6/8 @Claire Jachymiak

Exposition Des hommes et des lieux ; destinées métallurgiques en pays châtillonnais

L’entreprise Bourgogne fonderie était installée avenue de la Gare à Châtillon-sur-Seine. En 1936, la première usine fusionne avec une entreprise basée à Fumay dans les Ardennes qui, dès son origine au 19e siècle, fabriquait des pièces en fonte

L'usine est à présent fermée. C'est un bâtiment endormi, à deux pas du musée.

Les hommes, pourtant, sont toujours là. Leur vie ne s'est pas arrêtée à la porte de l'usine. Ils ont retrouvé du travail et leur description de cette longue partie de leur vie est plus tendre qu'amère. Ils se souviennent des gestes et des techniques de fabrication à présent balayés par la performance des machines. Là s'affiche la fierté du métier, du savoir-faire et la nostalgie de l'avoir vu abandonné.

En 2015, Claire Jachymiak est revenue leur tirer le portrait et les interroger sur ce passé. Albert Marcoeur, dans le cadre de cette exposition, se trouvait à ses côtés, magnétophone en main. 

Photo 7/8 @Claire Jachymiak

Exposition Des hommes et des lieux ; destinées métallurgiques en pays châtillonnais

En plein air, dans les coulisses d’un musée ou au sein d’une usine, j’ai eu beaucoup de plaisir à les photographier dans leur nouvel environnement de travail et constater que "a vie continue" même après l’événement tragique qu’ils ont vécu : la faillite de leur usine. Claire Jachymiak

Photo 8/8 @Copyright: Claire Jachymiak

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L’exposition "Des hommes et des lieux ; destinées métallurgiques en pays châtillonnais", présentée au musée du Pays Châtillonnais jusqu’en mai 2016 à Châtillon-sur-Seine en Côte d’Or, part du travail photographique de Claire Jachymiak.  Ses deux campagnes, l’une menée à Bourgogne Fonderie, usine à présent fermée, l’autre à Sainte-Colombe-sur-Seine, sont un hommage à ceux qui, "invisibles", font tourner les machines.

 

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