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Y a-t-il un pilote à Pékin?

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"Allô, la Chine ? Ici, le monde…" Pas de réponse. En quelques mois, ce pays a réussi l’exploit de transformer son image, et pas en bien. Désormais, ce n’est plus son excès de puissance qui fait les gros titres, mais ses accès de faiblesses et, surtout, son "illisibilité". Comme si le dragon se muait en dindon un peu fou. La raison la plus souvent évoquée est celle du ralentissement de sa croissance. Alors que la Chine entre, le 8?février, dans la nouvelle année lunaire, celle du singe (imprévisible), difficile de le nier : elle va moins vite. Des secteurs entiers sont touchés de plein fouet, surtout les industries de base. Le mal ne provient pas d’une crise des exportations, comme on le répète souvent, mais d’un surinvestissement massif, né du plan de relance de 2009, et dont l’espoir de rentabilité est de plus en plus mince. L’investissement continue de peser près de la moitié du PIB. Pourtant, la transition de ce modèle, notamment vers les services, d’autres pays l’ont connue. Elle est gérable.

Quant à la croissance, même moins vive, elle reste hors norme. Cette année, la contribution chinoise à la croissance mondiale sera d’environ 40 %. Non, ce qui inquiète, ce qui doit inquiéter, c’est que les autorités, le président Xi en tête, semblent avoir perdu un peu prise sur le pilotage de leur économie, ou en tout cas avoir mis de côté leurs velléités réformatrices, sans l’exprimer clairement. Le treizième plan quinquennal ("13.5") a beau avoir été vanté en fin d’année (jusque sur YouTube) par les autorités, ses projections grandiloquentes sur la croissance verte, le social ou la libéralisation sonnent creux au vu, notamment, de la gestion désastreuse de la crise boursière. Depuis l’été 2015, dans une succession de stop-and-go, le pouvoir a voulu contrôler le marché, puis l’a laissé faire, avant de changer trois ou quatre fois d’avis.

Comme l’a pointé la patronne du FMI, Christine Lagarde, à Davos, la Chine a un "problème de communication". Alors que son compte de capital reste étroitement encadré, elle promet toujours son ouverture pour engager la mère de toutes les réformes, celle du secteur financier. Mais nombre d’observateurs sont sceptiques.

Dans un autre domaine, les firmes étrangères se plaignent comme jamais du coup d’arrêt à la libéralisation de l’économie. Quand elle est entrée dans l’OMC fin 2001, la Chine a su reconfigurer son économie sous cette pression extérieure. On savait où elle allait. Désormais, on en doute. Le signal d’une bataille entre les réformateurs et la veille garde à Zhongnanhai, siège du pouvoir à Pékin. Pour Bo Chen, économiste chinois récemment invité de France Stratégie, un autre aiguillon pourrait contraindre la Chine à changer : le traité pacifique TPP, dont elle est exclue, et qui va mettre en péril ses échanges commerciaux. En attendant, on aimerait avoir Pékin au bout du fil.

 Pierre-Olivier Rouaud

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