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We are the champions !

Publié le

We are the champions !
Christine Kerdellant
© DR

Les entreprises citées

Les Français ne sont peut-être pas le peuple le plus intelligent de la planète, mais ils sont les champions de l’intelligence… artificielle (IA). Nos ingénieurs trustent les postes clés chez Google, Facebook, Apple, mais aussi chez IBM, Microsoft, Netflix… Ajoutez à cela un zeste de crédit d’impôt recherche et vous comprendrez aisément qu’Emmanuel Macron n’ait pas eu besoin de supplier les Gafa pour qu’ils viennent installer en France leurs nouveaux labos de recherche en IA. Cet hommage rendu à nos mathématiciens ferait presque oublier que notre système scolaire est l’un des plus déficients au monde, puisqu’il aggrave les inégalités sociales au lieu de les corriger, et que la France dégringole depuis vingt ans dans le classement Pisa. On connaît la raison de ce paradoxe : l’élitisme du système, qui finira par ne plus produire que des génies ou des chômeurs ! L’autre raison d’avoir le triomphe modeste est que cette élite de la méritocratie républicaine, au lieu de bâtir des champions français du numérique, s’en va doper le business des grands américains… Ceux-là mêmes qui, secteur après secteur, confisquent la valeur ajoutée des entreprises installées, s’emparent des data pour constituer des bases de données gigantesques et refusent de payer leurs impôts dans les pays où ils produisent.

Mais peut-on en vouloir aux leaders mondiaux de venir chercher les talents là où ils sont et aux intéressés de les rejoindre ? La libre circulation des hommes est le pilier du capitalisme. D’autant qu’ils ne partent pas (ou pas seulement) pour l’argent. Chez Google, chez Facebook, ils sont dotés de gros moyens, de belles équipes et d’une réelle liberté. Non, le problème est ailleurs : l’absence de géants français de la tech, que masquent mal les performances d’Atos ou de Thales. Et c’est aussi notre faute si d’autres cerveaux rejoignent les start-up américaines ou vont installer la leur aux États-Unis plutôt qu’à Toulouse. La France peut être un paradis pour faire un LBO et même créer sa boîte, mais la faire grandir en quinze ans comme Google ou Facebook y est impossible, faute d’un marché de capitaux taille XL et d’une véritable coopération entre start-up et grands groupes. Il faudra encore du temps avant que la France acquière la culture d’une « start-up nation ».

Consolons-nous, la majorité de nos ingénieurs choisissent Atos, Capgemini, Thales, Orange, PSA, BioMérieux ou la SNCF, ou créent Dataiku, Regaind, Recast.ai, Allo-Media… Mais quand Emmanuel Macron annonce, à Versailles, 3 milliards d’euros d’investissements étrangers, on peine à mettre sur le même plan ceux de Toyota ou de Novartis – avec leurs centaines d’emplois « traditionnels » – et les nouvelles structures de recherche en IA des Gafa and co. Sans doute faut-il être beau joueur et se dire que tout cela finira bien par ruisseler sur notre économie… Et que la demande accrue de bons mathématiciens fera éclore des centaines de nouvelles vocations. ­Sylvain ­Duranton, le Français qui dirige Gamma, l’entité mondiale du BCG dédiée à l’intelligence artificielle et installée à Paris, est convaincu que les mathématiques contribueront à résoudre le problème de l’intégration. Car, contrairement à l’aisance oratoire ou à la culture générale, les maths ne font pas de différence entre un gamin des quartiers nord de Marseille et un autre né près de la tour Eiffel… 

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