[VivaTech] Ce qu’il faut retenir de l’échange entre Emmanuel Macron et cinq dirigeants de start-up

Le président de la République, invité de la conférence VivaTechnology à Paris, a répondu pendant une heure aux questions de cinq dirigeants de start-up européennes. "L’Europe a tout pour devenir le leader de la tech car nous construisons un démocratiquement soutenable ", a conclu Emmanuel Macron.

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[VivaTech] Ce qu’il faut retenir de l’échange entre Emmanuel Macron et cinq dirigeants de start-up
Emmanuel Macron au salon Viva Tech le 16 mai 2019.

Emmanuel Macron assis au milieu de cinq dirigeants de start-up européennes, souriant et plaisantant. Le président de la République était visiblement ravi de revenir pour la troisième fois au salon Viva Technology jeudi 16 mai, devenu son rendez-vous avec l’écosystème français des start-up et de la tech. Pour cette édition, il a répondu pendant une heure aux questions de cinq dirigeants de start-up européennes.

Financement, régulation, recrutement, souveraineté et innovation ont été les points abordés par le chef de l’Etat en réponse à Julia Bijaoui, la cofondatrice de la pépite française Frichti, Flora Coleman de la Fintech britannique TransferWise, Pierre Dubuc, le cofondateur d’Open Classrooms, Thomas Plantenga, le patron de la plateforme de vêtements d’occasion Vinted, et Daniel Dines, qui dirige la pépite des robots logiciels UiPath. L’exercice a permis à Emmanuel Macron de faire une allocution promouvant l’innovation et l’Europe. Voici les points importants qu’il a soulevés.

"L’Europe est en train de construire la tech démocratiquement soutenable"

Pour le chef de l’Etat, il faut faire émerger des champions français, mais surtout européens. "l’Europe peut devenir le leader de la tech car nous sommes en train de construire la tech démocratiquement soutenable". "Nous sommes en train de bâtir en Europe un modèle compétitif, démocratique et mu par le bien commun, a-t-il détaillé. C’est le seul que l’on pourra défendre devant nos concitoyens." En parallèle, il a souligné les limites des modèles concurrents chinois et américains. "En Chine, le gouvernement joue un rôle très important et le modèle déployé n'a pas nos référentiels en termes de liberté individuelle et de droits de l'homme, ce qui limite son expansion mondiale", a-t-il jugé. Et de considérer qu’aux Etats-Unis, "la tech est pilotée par de grands acteurs privés, ce qui a créé un système qui n'est plus sous contrôle démocratique".

"La bonne souveraineté dans le numérique est celle européenne"

Emmanuel Macron a défendu l’Europe à plusieurs reprises, et notamment devant Thomas Plantenga, le PDG de la plate-forme de vente de vêtements d’occasion Vinted, fondée en Lituanie en 2008. "La grande question actuelle est de savoir à quel niveau doit se situer la souveraineté dans le numérique, a déclaré le chef de l’Etat. Ce n’est pas une question philosophique mais fondamentale. Si je veux protéger mon pays, je peux considérer que j’ai besoin de frontières et barrières. C’est une façon de voir les choses mais nous avons vu où elle a mené le Royaume-Uni. Une autre vision est de considérer que nous avons besoin d’avoir un marché aussi gros que celui que la Chine, donc que nous avons besoin d’un marché européen unique. Pour moi la bonne souveraineté dans le numérique est à l’échelle européenne. Vous pourrez ainsi avoir de la protection en tant qu’européen face aux américains et chinois."

"Un impôt identique pour vous et les concurrents étrangers"

En introduction, le chef de l’Etat s’est félicité des progrès de l’écosystème français des start-up. "Il y a quatre ans, nos start-up levaient un milliard d’euros en une année ; l’an dernier c’était un peu moins de 3,5 milliards et si 2019 continue comme elle a démarré, nous devrions lever cette l’année cinq milliards d’euros, a-t-il détaillé. Il y a une accélération du système : nos start-up lèvent plus et elles atteignent la taille critique."

Malgré ce bilan positif, Julia Bijaoui, cofondatrice de Frichti qui est spécialisée dans la livraison de produits frais, a pointé une limite : les sommes levées dans l’Hexagone restent bien en-deçà des montants investis outre-Atlantique, donnant aux jeunes pousses américaines un avantage concurrentiel. Que faire face à cela ? "Il faut avant tout s’assurer que le cadre de concurrence est le même pour tous, a répondu Emmanuel Macron. Cela signifie qu’il faut un impôt identique pour vous et pour le géant américain qui arrive sur votre marché. C’est un combat essentiel. Nous avons en place une taxation française des grands acteurs. Mais cela est provisoire car nous voulons qu’un tel dispositif soit créé en Europe et à termes dans l’OCDE." Le chef de L’Etat a ensuite appelé à "la construction d’un marché des capitaux européen" pour mieux faire circuler l’épargne en Europe.

"Je suis pour une régulation intelligente"

Interrogé sur la question de la protection des données par Flora Coleman de la fintech TransferWise, Emmanuel Macron a donné sa vision de la régulation. "Le RGPD une première étape mais il faut aller plus loin, a-t-il déclaré. Il faut un dialogue permanent avec les acteurs de la tech pour à la fois doper l’innovation et réguler ce qui doit être régulé. Je suis pour une régulation intelligente. C’est ce que nous faisons aujourd’hui sur la question de la violence et de la haine en ligne, avec "l’appel de Christchurch". Nous voulons augmenter la régulation sans bloquer la dynamique du système. Nous avons donc décidé de dialoguer avec certaines plateformes pour imaginer une régulation intelligente. Il faut faire la même chose avec les données."

"Il ne faut pas que les données soient captées par une poignée d’acteurs"

Face à Daniel Dines, le PDG de la start-up fondée à Bucarest UiPath, spécialisée dans les robots logiciels et qui pèse 7 milliards d’euros aujourd’hui, le président de la République a appelé l’Europe a développer une stratégie commune sur l’intelligence artificielle. "Il faut un budget européen pour développer un écosystème de l’IA en Europe", a plaidé Emmanuel Macron, avant de donner sa vision de la régulation de l’accès aux données. "Il ne faut pas que les données soient captées par une poignée d’acteurs, notamment en santé. Nous devons nous assurer que les acteurs privés puissent accéder aux données pour innover mais avec des critères que nous devons définir ensemble."

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