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Vers une démocratisation rapide de la blockchain en France?

Rémi Amalvy , , ,

Publié le

Quatre acteurs français de la blockchain dressent le premier bilan de cette technologie. Usages, taux d’adoption, impact économique, freins... Qu'est ce qui pousse (ou pas) les entreprises à se convertir?

Vers une démocratisation rapide de la blockchain en France?
A terme, les blockchains seront omniprésentes dans tous les échanges informatiques, assurent ses promoteurs.
© dr

Quel premier bilan dresser de la blockchain en France ? Emmanuel Moyrand, président cofondateur de Monuma, une application dédiée à l'évaluation et la certification des objets de valeurs grâce à la blockchain, Claire Balva, cofondatrice de Blockchain Partner, Alexandre Berthier et Eric Marin, respectivement business solution strategist et directeur technique chez VMware France, se sont réunis le 18 septembre pour tenter d’y répondre.

La blockchain, c'est une "technologie de stockage et de transmission d'informations sans organe de contrôle née avec la fameuse crypto monnaie BitCoin", résument-ils. Qui a parcouru du chemin.

A la base, la blockchain était seulement un registre des transactions en BitCoin. Désormais, elle répertorie un grand nombre de types d’échanges. Cet algorithme de consensus permet, sans avoir à confier le registre à un tiers de confiance, de connaître avec certitude son état des lieux. Pour Monuma, "la blockchain apporte une digitalisation et une sécurisation des transactions : Sécurisation, transparence, décentralisation".

Si au départ les entreprises avaient peu d’avis et d’idées sur la question, trouvant le concept trop abstrait, de plus en plus de clients initiés souhaitent développer pour leurs sociétés des blockchains privées. Néanmoins, aucun chiffre n'est dévoilé par ses promoteurs pour caractériser le marché français de cette technologie ou son nombre d'utilisateurs. Ce qui manque à leur démonstration...

<< Retrouvez ici des cas d'entreprises concrets:

 

Les grands cas d’usage de la Blockchain

On distingue désormais plusieurs grands cas d’usage pour la blockchain. En premier lieu, l’"asset tracking", méthode de suivi des biens physiques grâce au scan de leurs codes-barres. Grâce aux blockchains, le suivi est permanent, chaque étape de la "supply chain" étant répertoriée et inscrite de manière permanente.

La blockchain est également utile pour tout ce qui concerne les transferts d’argent (en crypto monnaie), d’actifs et de contrats. Comme pour l’asset tracking, toutes les étapes sont suivies et vérifiables.

Enfin, la blockchain permet une collecte sûre d’informations afin de les centraliser. Par la suite, elles peuvent être transférées de manière rapide et vérifiée.

 

Des freins techniques et juridiques

Actuellement, un grand nombre d’entreprises se demandent encore quel sera le retour sur investissement. La complexité du sujet crée un frein technique. Peu de formations sont proposées et la plupart des experts sont autodidactes. De plus il existe un vide juridique, la loi ne définissant pas encore ce qu’est une blockchain. La loi PACTE est censée apporter un début de réponse au problème.

Des doutes sont également émis quant à la fiabilité des "Smart Contracts", ou mise sous forme digitale d’un contrat papier. Toute erreur de code publiée dans une blockchain publique est irreversible, impossible à corriger. Cela a par exemple donné lieu en 2016 au hack du protocole d’échanges Ethereum, suite à la mauvaise écriture d’un contrat, qui permit aux pirates de subtiliser l’équivalent d’environ 50 millions d'euros en crypto monnaie Ether.

Pour éviter ce genre de problèmes, on augmente le nombre de nœuds. Cependant, si cela rend le système plus sûr, les transactions sont également plus lentes. Ce n’est pas pour rien que le BitCoin est devenu une référence: cette monnaie ne subit jamais aucun piratage. Cependant, une transaction avec cette monnaie met dix minutes à s’effectuer. L’enjeu est donc de réussir à rendre le nombre de transactions plus attractif, en s’assurant que la performance ne baisse pas lorsqu’on augmente le nombre de nœuds.

 

Chez Uber, dans l'alimentaire, le secteur public...

Dans un futur proche, les blockchains permettront de créer des contrats d’assurance à la seconde, en accélérant la proposition de valeur, en simplifiant la traçabilité et en se positionnant comme un tiers de confiance Amont-Aval.

D’autres applications sont possibles, comme dans la lutte contre la fraude, pour créer de la confiance dans des systèmes peu réglementés (Airbnb ou Uber), et pour contrôler la traçabilité et la provenance des produits alimentaires. Les informations étant écrites en code, le grand public pourra faire appel à des experts pour les décrypter, un peu comme le font les juristes avec les articles de loi.

A terme, tous les secteurs finiront par utiliser les blockchains, sont convaincus les experts. Grâce aux transferts sûrs et rapides de données et d’argent, certains, comme le secteur public, en bénéficieront particulièrement. En terme de modèle économique, il est possible d’envisager, au départ, des frais de mise en place. La suite dépendra du cas d’usage. Dans une blockchain publique, on peut imaginer des frais d’utilisation.

Enfin, que les inquiets soient rassurés, Internet sera toujours suffisamment solide pour soutenir tous ces contenus. La blockchain ne nécessite pas vraiment de besoin en stockage, dix ans de transaction ne représentant qu’environ 100 giga octets de données. Il existe seulement un besoin de débit et de vitesse, lié aux calculs cryptographiques. Ce sont les consommations électriques qui risquent d’exploser.

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