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[Usine Extraordinaire] Les six souhaits des grands patrons pour l’industrie européenne

Marine Protais , , ,

Publié le

Lors de la table ronde inaugurale de L’Usine Extraordinaire, organisée au Grand Palais à Paris jusqu'au 25 novembre, Jean-Dominique Senard (Michelin), Jean-Bernard Levy (EDF) et 7 autres grands patrons ont fait part de leur vision du futur de l’industrie européenne et de leurs souhaits pour la rendre plus compétitive. Des recommandations à quelques mois des élections européennes.

[Usine Extraordinaire] Les six souhaits des grands patrons pour l’industrie européenne
A l'entrée du dôme "Partager" de L'Usine extraordinaire où se sont exprimés les grands patrons de l'industrie européenne.
© Pascal Guittet

L’Usine Extraordinaire s’est ouverte jeudi 22 novembre à Paris sur une table ronde consacrée au futur de l’industrie européenne et animée par Christine Kerdellant, directrice de la rédaction de L’Usine Nouvelle. Les grands patrons présents (un panel 100 % masculin, note-t-on) ont profité de cette tribune pour évoquer leurs recommandations pour faire en sorte que l’industrie européenne conserve son leadership, face à la Chine et aux Etats-Unis notamment. L'occasion de faire entendre leurs voix quelques mois avant les élections européennes. 

1 - Définir une politique industrielle européenne

Si le gouvernement français a, aux yeux des industriels, récemment pris conscience de l’importance de l’industrie, ce n’est pas encore

le cas des dirigeants européens. "Nous n’avons pas de politique industrielle au niveau européen", affirme Frédéric Sanchez, le président du groupe Fives. "On a ouvert nos frontières à tout vent sans se préoccuper de l’équilibre et de la réciprocité. On a tout fait pour tuer les champions européens. Dans le domaine de l’IA, il y a trop d’initiatives dispersées…", énumère-t-il pour illustrer l’absence de politique industrielle européenne cohérente. Une vision partagée par Stephan Timmermann, président du groupe allemand KSB. "Où est la stratégie européenne en ce qui concerne des sujets majeurs comme les biotechnologies, l’intelligence artificielle, les voitures autonomes… Où allons-nous ? Nulle part", martèle-t-il. Il estime que l’Europe devrait, comme la Chine, les Etats-Unis ou l’Arabie Saoudite, définir une politique industrielle claire et construire les infrastructures nécessaires pour la mener à bien. "Il faut que les politiciens européens arrêtent de parler et agissent."

Les industriels veulent une direction plus précise, mais aussi plus d’argent. Pour Philippe Varin, le prochain programme pour l’innovation de l’Europe devra se doter d’au moins 120 milliards d’euros de fonds, contre 70 milliards d’euros pour l’actuel programme H2020.

2 - Choisir quelques secteurs de spécialisation

Il ne sera pas possible de créer des Airbus de l’industrie dans tous les secteurs. Les industriels semblent d’accord sur ce point. "Il faut que l’Europe fasse des choix. La Chine s’est spécialisée, les Etats-Unis aussi. L’Europe doit faire la même chose, elle doit désigner les secteurs où elle veut être un champion mondial", estime Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF.

Reste à savoir sur quels secteurs se positionner. Et là les grands patrons sont moins d’accord, car chacun prêche pour sa chapelle. Olivier Brandicourt, directeur général de Sanofi, rêve d’une filière de la biotechnologie en Europe et surtout en France, Jean-Bernard Lévy imagine un leader européen de l’énergie, des énergies renouvelables ou des batteries, Jean-Dominique Senard mise plutôt sur l’impression 3D, secteur sur lequel est positionné Addup, sa co-entreprise créée avec Five. Pour Didier Leroy, vice-président de Toyota France, il faudrait se concentrer sur l’intelligence artificielle, le développement des smart cities et la robotique. Des domaines dans lesquels l’Europe dispose déjà de talents à ses yeux. 

3 - Harmoniser la fiscalité et la législation

Ce serpent de mer s’est une nouvelle fois invité dans le débat. "C’est une condition essentielle car sans harmonisation nous aurons vraiment beaucoup de mal à garder un élément de compétitivité… Si nous n’avions pas ces boulets aux pieds, nous serions déjà en train de triompher. Aujourd’hui le surcoût est immense pour nous. C’est un sujet politique central que l’Europe doit traiter", juge Jean-Dominique Senard, président de Michelin.

4 - Faire de l’industrie européenne, le fer de lance du "capitalisme responsable"

Un autre souhait du PDG de Michelin Jean-Dominique Senard. Celui-ci considère que l’Europe "a toutes les cartes en main" pour "faire triompher un capitalisme responsable", qui s’appuierait notamment sur les politiques de RSE, déjà mises en place par les industriels. "On peut créer une forme d’unité au travers de cette idée de capitalisme responsable, qui se distinguerait du capitalisme angle-saxon et du capitalisme d’Etat que l’on voit se déployer en Asie."

5 - Chasser en meute 

Jean-Marc Chéry, PDG de STMicroelectronics, estime que les coopérations inter européennes sont essentiels, et qu’elles existent déjà, évoquant les partenariats de ST avec Bosch, Audi, Valeo. Pour Nicolas Dufourc, directeur général de Bpifrance, le diagnostic est nettement moins positif. "Les grands groupes sont pour la plupart transnationaux, mais lorsqu’on descend en taille d’entreprises, ce n’est pas le cas. Les PME européennes se tournent le dos" "Il n’existe aucun club européens de dirigeants de PME par exemple".

6 - Favoriser les rachats entre entreprises européennes

Si les entreprises françaises rachètent régulièrement des entreprises allemandes, l’inverse est nettement moins courant, regrette Nicolas Dufourc, qui se lasse de vendre les entreprises tricolores à "la Chine et aux Etats-Unis". L’une des raisons selon lui est que l’industrie française a mauvaise réputation outre-Rhin. "Les Allemands ont une image médiévale de l’industrie française". Cette opération de "rebranding" selon ses mots, dont l’Usine Extraordinaire est un exemple, prendra dix ans à ses yeux.

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