Une nouvelle assurance subventionnée pour les viticulteurs

Mal assurés, voire sous-assurés, les viticulteurs français? Le nouveau dispositif assurantiel qui leur est proposé dès la récolte 2016 a pour objectif d’accroître significativement la part des vignes couvertes. L’Etat subventionnera les contrats à hauteur de 65%.

Partager

"Seulement 100 000 hectares de vignes sont assurées, sur un total de 790 000 hectares", a souligné lundi 24 août, lors d’une conférence de presse, le président du Conseil spécialisé Vins de France AgriMer, Jérôme Despey, également secrétaire général adjoint de la FNSEA et viticulteur. Il a rappelé la nécessité, pour les exploitants agricoles, de se couvrir : "lorsque le viticulteur n’est pas assuré, les pertes peuvent être conséquentes".

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

"Les organisations professionnelles ont donc œuvré pour disposer, à l’instar d’autres filières, d’un nouveau régime d’assurance. Dès cet automne, les assureurs proposeront une assurance coups durs pour couvrir l’ensemble des risques climatiques en viticulture", a indiqué le professionnel, convaincu de la nécessité de développer ce type d’offres : "Auparavant, nous avions des contrats multirisques parfois trop coûteux et insuffisamment adaptés au contexte local. De plus, il n’y avait pas de culture assurantielle dans la viticulture." Alors que les sinistres se multiplient: "Ces dernières années, on a assisté à des aléas climatiques plus importants, sur des surfaces plus grandes, à des fréquences plus rapprochées".

Plusieurs plafonds d'indemnisation selon l'appellation

Durant l’été, la filière viticole a accédé à ce nouveau dispositif, annoncé dès le mois de juin pour les grandes cultures, qui entrera en vigueur à partir de la récolte 2016. Validé par le ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt et par le Fonds national de gestion des risques en agriculture, il consistera en des contrats permettant d’assurer un capital par hectare, selon la production. Les montants des capitaux assurés dépendront de la classification des exploitations : 6000 euros au maximum par hectare pour les indications géographiques protégées (IGP, anciens vins de pays) et trois seuils de 6000 euros/ha, 11000 euros/ha et 20000 euros/ha selon le type d’appellation. Les exploitants devront enregistrer un minimum de 35% de pertes par rapport à une moyenne historique pour être payés.

Un dispositif largement subventionné

Le nouveau dispositif compte également séduire les exploitants par le biais de ses avantages financiers. Les cotisations sont subventionnées à hauteur de 65% par l’Etat sur la base du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader), un moyen de financement compris dans la Politique agricole commune. "Il s’agit très clairement d’une incitation à l’assurance et à la couverture des risques", a insisté Jérôme Despey, qui aspire à atteindre le niveau de 300 000 hectares assurés pour la récolte 2016.

La base des contrats sera identique chez tous les assureurs, qui pourront ensuite adapter leurs offres commerciales, tandis que des garanties complémentaires seront disponibles. "Il faut démontrer qu’en prenant cette assurance coups durs, on s’écarte de dangers liés à l’activité", a poursuivi le professionnel, qui compte, avec les autres organisations du secteur, convaincre ses pairs de souscrire.

Le développement de l’assurance dans l’agriculture a été consacré en février 2014, aux Etats-Unis, par la nouvelle version du Farm Bill, qui définit la politique menée dans le secteur. Le subventionnement direct de l’agriculture a été remplacé par le développement d’un ensemble d’assurances dédiées aux aléas climatiques et autres pertes de revenus.

Franck Stassi

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
NEWSLETTER Matières Premières
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS