Une délégation de 50 entreprises françaises à Alger pour inciter le pays à ouvrir ses échanges

Deux mois après la visite d’Emmanuel Macron, une large délégation d’entreprises françaises, emmenée par le Medef se rend en Algérie les 7 et 8 février. Objectif : inciter les responsables politiques à lever un certain nombre de blocages sur le business, renforcer les liens avec le patronat local et développer exportations et investissements.

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Une délégation de 50 entreprises françaises à Alger pour inciter le pays à ouvrir ses échanges
Les objectifs de cette visite en Algérie sont d'inciter les responsables politiques à lever un certain nombre de blocages sur le business, renforcer les liens avec le patronat local et développer les exportations et investissements.

C’est la plus grande délégation d’entreprises françaises en visite en Algérie depuis 10 ans. Emmenée par Pierre Gattaz, le président du Medef et Jean-Louis Chaussade, Directeur général de Suez et président du conseil des chefs d’entreprise France-Algérie du Medef international, ils seront une soixantaine de dirigeants représentant environ 50 entreprises à Alger les 7 et 8 février. Les français participeront à un forum d’affaires entre entrepreneurs et rencontreront différents responsables politiques algériens, dont le Premier ministre Monsieur Ahmed Ouyahia et ceux de l’industrie, du commerce, des travaux publics, des ressources en eau. Objectif : développer le courant d’affaires entre les deux pays, deux mois après la visite du président Emmanuel Macron, qui s’était rendu à Alger le 6 décembre dernier. Ce dernier avait affirmé "l’Algérie doit s’ouvrir davantage, il y a encore beaucoup de freins à l’investissement."

Restriction sur les importations

C’est cette cause que plaideront auprès des responsables politiques Pierre Gattaz et Jean-Louis Chaussade alors que le pays, touché par la baisse des hydrocarbures depuis 2014, s’est lancé dans une fermeture économique pour répondre à la dégradation de ses comptes externes. La baisse des prix du pétrole a frappé durement cette économie où le secteur des hydrocarbures représentait sur la période 2002-2015, 98 % des exportations, 67 % des recettes fiscales et 35 % de son PIB. En 2017, la légère remontée des cours a permis de réduire le déficit à 11,2 milliards contre 17 l’année précédente mais pour rétablir l’équilibre, l’Algérie a développé une politique très restrictive sur les importations en durcissant ses quotas et en frappant d’interdiction plus de 900 produits en décembre dernier. Beaucoup de produits agro-alimentaires mais aussi certains composants comme des fils d’acier.

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Pas de quoi décourager Pierre Gattaz qui déclarait la veille de son déplacement : "nous voulons prouver que les initiatives du secteur privé peuvent apporter des solutions durables à la diversification de l’économie du pays." Le déplacement est aussi l’occasion de renforcer les liens entre le patronat français et l’une des branches du patronat algérien, en l’occurrence le FCE (forum des chefs d’entreprise). «Nous sommes des pays complémentaires, nous avons beaucoup de binationaux, nous avons beaucoup de choses à faire pour développer les entreprises françaises en Algérie et les entreprises algériennes en France" estime le patron du Medef.

Concurrence

Concrètement, il devrait aborder avec ses interlocuteurs politiques "des points de blocage et certains verrous" qui entravent le dynamisme de l’économie privée et la venue d’investisseurs étrangers. En l’occurrence l’obligation d’un actionnariat à 51/49 pour la création d’une société de droit algérien avec une majorité à l’investisseur national, ces fameuses restrictions d’importation et aussi des problématiques de transfert de fonds des deux côtés de la Méditerranée. "Quand des sociétés veulent fabriquer sur place et ne peuvent importer certaines pièces ou sont soumis à de très importants droits de douanes, ce n’est pas favorable. Il faut examiner cela filière par filière", déclare Pierre Gattaz, qui estime que cette action s’inscrit dans la durée.

Au-delà de ces discussions, certaines entreprises viennent resserrer leur partenariat d’affaires. Engie qui est déjà le principal acheteur de gaz naturel liquéfié algérien et travaille avec la Sonatrach sur la production va signer un MOU (memorandum of understanding) pour le développement d’énergies renouvelables. Car malgré les difficultés du contexte, la France n’est pas la seule à vouloir faire du business en Algérie. Si en 2016, elle restait le deuxième fournisseur du pays, c’était très loin derrière la Chine et surtout sa part de marché est en recul tandis que l’Italie progresse fortement (+ 9,9 % de part de marché des exportations en 2016). Il était sans doute temps de manifester collectivement une envie de partager des opportunités.

Anne-Sophie Bellaiche Cheffe du service Economie et Social
Anne-Sophie Bellaiche

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