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"Un seul attentat a des effets minimes sur l’économie" selon l'économiste Daniel Mirza

Publié le

Daniel Mirza, professeur d’économie à l’université de Tours et chercheur associé au CEPII est spécialiste de l’économie du terrorisme. Il analyse les conséquences des attentats de Paris sur la reprise économique.

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En partenariat avec Industrie Explorer

 

L'Usine Nouvelle : les attentats qui ont eu lieu à Paris peuvent-ils avoir un impact sur l’économie française ?

Daniel Mirza : Il est possible que la croissance soit affectée à court terme. Sur le quatrième trimestre qui est déjà bien entamé, l’effet pourrait être de l’ordre de 0,1 point. Un seul attentat a des effets minimes sur l’économie. Le tourisme devrait être affecté, tout comme la consommation des ménages. Mais les effets psychologiques se dissipent rapidement et la vie reprend son cours. Si les attentats ne se reproduisent pas, les économistes observent en général un rattrapage dans les 3 à 6 mois de l’activité dans les pays qui ont été affectés.
La demande revient à très court terme à son niveau d’avant attentat. Après le 11 septembre, les Etats-Unis se sont remis très rapidement. Le secteur touristique avait été impacté les trois premiers mois, mais l’investissement des entreprises a repris quelques mois après. En Inde après les attentats de Bombay, l’effet sur l’économie avait aussi été résorbé dans l’année qui a suivi. Si l’acte terroriste est isolé, les pays s’en sortent.

 

Quel pourrait être le coût si d’autres attentats devaient avoir lieu ?

Lorsque les actes terroristes se répètent sur le territoire, l’effet psychologique a tendance à perdurer plus longtemps. Même si là aussi, les gens finissent par s’habituer. Ce n’est pas de la demande mais de l’offre que vient en fait l’impact économique le plus important. Si d’autres actes ont lieu, le terrorisme s’apparente à une taxe pour la société par les mesures prises par la puissance publique mais aussi le secteur privé pour se protéger.
Mais contrairement aux taxes qui alimentent une redistribution, là, c’est une perte sèche, où personne ne gagne. Il y a une hausse des coûts, par exemple par la hausse des polices d’assurances ou des procédures mises en place, pour l’économie. En Espagne par exemple, les territoires visés par les actions de l’ETA ont subi un surcoût indéniable. En comparant leur PIB avec d’autres territoires qui n’étaient pas visé par le terrorisme, on peut estimer que le coût à 10 points de croissance du PIB par habitants en moins par rapport à la tendance sur 20 ans. C’est important.

 

Est-ce que cela pourrait affecter les décisions d’investissement de groupes étrangers ?

Les décisions d’investissement ne seront pas affectées tant que ces actes resteront rares. La question se pose s’ils se multiplient. Les pays riches sont aussi plus résilients que les pays moins développés car leur économie est plus diversifiée. Quand un secteur est affecté, les ressources peuvent être réalloués vers d’autres secteurs économiques. Les marchés fonctionnent moins bien dans des pays moins riches.

Solène Davesne

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