Un nouveau président de l’Eurogroupe pour cadrer les débats sur l’intégration de la zone Euro

Mario Centeno, le ministre des finances d’un gouvernement Portugais qui allie socialistes et gauche radicale va désormais présider les travaux de l’Eurogroupe dans une période agitée. L’union monétaire est à la croisée des chemins alors que la France propose la création d’un budget de la zone euro. Proposition qui n’est pas du goût de tous les pays, en particulier ceux du Nord qui appelle avant tout à remettre de l’ordre dans les comptes publics et réduire le niveau des dettes publiques des pays du Sud. 

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Un nouveau président de l’Eurogroupe pour cadrer les débats sur l’intégration de la zone Euro
Mario Centeno, nouveau président de l’Eurogroupe

Les dix-neuf ministres des finances de la zone euro ont élu le 4 décembre l’un des leurs, le Portugais Mario Centeno, pour présider leur groupe en remplacement du Néerlandais Jeroen Djisselbloem qui exerçait cette fonction depuis 2013. Venu il y a seulement deux ans à la politique avec l’accession au pouvoir du gouvernement socialiste cet ancien professeur d’économie, devra réconcilier les différentes tendances qui coexistent dans ce groupe plus ou moins favorable à l’intégration de la zone et plus ou moins orthodoxe en matière de rigueur budgétaire. Il représente le profil d’un Etat qui a montré qu’il savait se réformer tout en retrouvant le chemin de la croissance, quitte à creuser temporairement son déficit public. Il est désormais revenu sous les 3 % et le chômage est passé de plus de 15 % à 9 % en 3 ans et demi.

Au delà des affaires courantes, un débat de fond

Sur le papier, la mission du président de l’Eurogroupe, Mario Centeno est d’organiser les travaux du groupe des ministres de l’économie et des finances, d’établir les ordres du jours des conseils et de représenter l’Eurogroupe dans les enceintes internationales comme le FMI, G7 ou le G7. Depuis la création du MES (mécanisme européen de stabilité), il prépare les plans de sauvetage financiers et supervise les plans d’ajustement des pays bénéficiaires. Ce qui a valu quelques relations tendues entre la Grèce et son prédécesseur Jeroen Djisselbloem.

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Mais le président de l’Eurogroupe est aussi responsable d’organiser le programme de travail de long terme d’un organe qui est jugé par beaucoup comme opaque et peu démocratique. Il révèle surtout les divergences de vues des différents ministres. C’est là que sa mission sera particulièrement périlleuse car les pays de la zone euro sont à la croisée des chemins. Plusieurs pays, emmené par la France mise sur une intégration beaucoup plus forte. Emmanuel Macron défend la création d’un « super ministre » des finances de la zone euro à plein temps (contrôlé par des parlementaires européens) et la création d’un budget de la zone euro. Pour les pays du Nord de l’Europe, cette option est très discutée.

Des options divergentes

Certains imaginent plutôt un transfert d’une partie du budget européen vers des pays de la zone euro qui mettrait en œuvre des politiques de rééquilibrage budgétaire. Ce qui nécessiterait l’accord des pays non-membres de la zone euro qui ne seront pas forcément favorable à ces transferts. D’autres options sont aussi sur la table comme l’idée de transformer le MES en une sorte de FMI européen qui pourrait emprunter de l’argent sur les marchés et financer des lignes de crédit à bas coût pour des pays qui voudrait soutenir l’investissement tout en menant des réformes. Il pourrait donc imposer des politiques d’austérité. Bref, l’éventail des options d’intégration est large et promet des débats importants qui sont largement conditionnés par le type de gouvernement qui accouchera en Allemagne. Les qualités de médiation de Mario Centeno seront donc particulièrement sollicitées. S’il plaît aujourd’hui aussi bien au pays du Sud car il a su desserré l’étau sur les Portugais comme au pays du Nord puisqu’il a réduit les déficits, il sera rapidement au cœur d’une bataille très politique. Puisqu’elle met en œuvre le double enjeu de solidarité et de responsabilité qui tiraille en permanence une union monétaire de pays indépendants.

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