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"Un Brexit créerait un choc mondial" selon l'OCDE

Solène Davesne , , ,

Publié le

Entretien Pour l'économiste de l'OCDE Rafal Kierzenkowski , les conséquences d 'un vote le 23 juin en faveur d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne  seraient néfastes pour Londres mais aussi pour le reste de l'Europe. 

Un Brexit créerait un choc mondial selon l'OCDE
La City de Londres
© Mariano Mantel CC Twitter

L'Usine Nouvelle - Un Brexit risque-t-il de coûter cher à la Grande-Bretagne ?
Rafal Kierzenkowski - Cela a déjà commencé à lui coûter. Depuis fin 2015, la croissance a décéléré et on observe une forte montée de l’incertitude dans les enquêtes de conjoncture auprès des entreprises. Certains actifs financiers ont déjà vu apparaître une prime de risque et l’indice de volatilité attendue du taux de change a beaucoup augmenté. Tous ces éléments concordent. Le Brexit va engendrer plusieurs chocs négatifs en cascade. Il va d’abord avoir un effet sur la demande après le résultat du référendum. Ensuite, la sortie effective du pays de l’UE, qui pourrait avoir lieu à partir de 2019 va engendrer un autre choc, d’offre cette fois.
 

La Grande-Bretagne risque-t-elle la récession ?
Non. Mais d’ici 2020, le PIB pourrait être inférieur de 3,3 % par rapport à ce qu’il aurait été si le pays reste dans l’UE. Cela représente 0,5 point de croissance de moins en 2017 et 2018 et 1,5 point de moins pour 2019, D’ici 2030, le Brexit coûterait 5 % environ avec une fourchette des estimations qui vont de 2,7 % à 8% selon les hypothèses. Nous avons retenu comme scénario que la Grande-Bretagne négocierait un accord de libre-échange proche de celui obtenu par le Canada avec l’UE. La Grande-Bretagne est le premier pays d’accueil des investissements étrangers en Europe. Une sortie de l’UE risque de la rendre moins attractive. Or les multinationales étrangères font la moitié de la R&D du pays. Moins de R&D et une réduction des flux migratoires grèvera la productivité.
 

Quel serait l’impact pour l’économie européenne ?
Un Brexit coûterait un point de croissance à la zone euro d’ici 2018. Il s’agit bien d’un choc mondial qui n’est pas simplement un problème britannique ou européen. L’activité en Chine, aux Etats-Unis ou au Brésil serait aussi affectée. Notre estimation est conservatrice. Nous avons tenu compte de la hausse des primes de risque sur les actifs financiers et des conséquences de la volatilité monétaire. Si le Brexit affecte la confiance des ménages européens, ou pire si les marchés se mettent à douter de la viabilité de la construction européenne ou de l’intégrité du Royaume-Uni post-Brexit, l’effet sur l’économie serait bien plus important.

Propos recueillis par Solène Davesne

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