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Un Biopôle pour les sciences du vivant

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Publié le

Plus qu’un simple hôtel d’entreprises, le Biopôle de Montpellier rapproche entrepreneurs, chercheurs et enseignants.

Un Biopôle pour les sciences du vivant
Concentrant les sociétés dédiées au secteur des sciences du vivant, le Biopôle de Montpellier favorise les échanges.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Juste avant l’été, toutes les entreprises du Biopôle de Montpellier (Hérault) se sont retrouvées autour de l’une d’entre elles, la société Deinove, qui venait d’apprendre qu’elle était lauréate du concours mondial d’innovation, initié par la France en 2013. Cotée depuis 2010 sur Alternext, Deinove travaille sur des bactéries aux potentiels encore inexploités, les déinocoques. En s’appuyant sur leurs propriétés génétiques et leur robustesse, Deinove a d’abord fabriqué des produits à haute valeur ajoutée à partir de biomasse non alimentaire, pour les marchés des biocarburants et les composés chimiques alternatifs aux produits dérivés de l’industrie pétrolière. L’entreprise compte aujourd’hui une cinquantaine de salariés dans ses laboratoires montpelliérains.

Deinove fait figure de locomotive au sein du Biopôle, qui n’est, au départ, qu’un ensemble de trois bâtiments que la Métropole de Montpellier loue, au prix du marché, aux entreprises du secteur des sciences du vivant. Pendant une dizaine d’années, il hébergeait des entreprises de ce secteur sans pour autant qu’elles se connaissent. Depuis peu, elles échangent davantage et travaillent parfois ensemble. Le pôle de compétitivité Eurobiomed choisit régulièrement de tenir sur place ses réunions sur les thèmes du diagnostic et des biomarqueurs. Sur les 25 acteurs du pôle concernés, cinq sont sur le Biopôle et les autres se déplacent facilement sachant que le premier noyau est déjà sur place.

Relier entreprises, hôpitaux, institutionnels

Diasys, C2 Diagnostics, Acobiom, Kyomed, ou la société Horiba, installée à Montpellier sur son propre campus, peuvent ainsi réfléchir à l’identification et la validation de biomarqueurs dans le champ du diagnostic. « C’est important de pouvoir fédérer les sociétés sur ce thème, explique-t-on à Eurobiomed, car celles qui s’occupent des biomarqueurs ont besoin d’échantillons. Et quand chacune d’entre elles travaille dans son coin, elles ont tendance à s’adresser à l’étranger. Nous avons fédéré les entreprises, les hôpitaux et les institutionnels, pour que les industriels puissent aussi travailler avec les hôpitaux régionaux. » Les rencontres nationales des biomarqueurs se sont ainsi tenues à Montpellier fin 2015.

« L’environnement sera bientôt encore plus riche, avec la nouvelle université de médecine qui va voir le jour, précise Chantal Marion, chargée de l’économie à Montpellier Métropole. Nous regardons comment aller plus loin, car certaines sociétés ont besoin de s’agrandir mais veulent rester sur place. Nous cherchons donc les solutions foncières. La concentration des acteurs sur une même zone, que ce soit les entreprises, la recherche, l’enseignement, satisfait tous les acteurs. »

Idenix est la première société à s’être installée sur le Biopôle, dès 2005. Cette spin-off d’un laboratoire de chimie de l’université de Montpellier est engagée depuis dix-huit ans dans la recherche de médicaments pour le traitement de maladies virales et des cancers. Elle a notamment développé et commercialisé la telbivudine, contre le virus de l’hépatite B, racheté par Novartis en 2012. Elle a également développé plusieurs médicaments contre le virus de l’hépatite C, testés en phases cliniques avancées. Ces derniers sont à l’origine du rachat de la société par le groupe américain MSD en 2014. Elle compte 22 salariés sur le site.

Cinq ans après son installation sur le Biopôle, trois responsables d’Idenix créaient à leur tour leur propre société, aujourd’hui appelée Oxeltis, spécialisée dans l’optimisation de petites molécules dans les domaines des anti-infectieux et de l’oncologie. La société compte aujourd’hui 16 salariés. Biopôle n’a pas forcément géré ce passage de relais d’une société à une autre, mais il l’a très certainement facilité. Si les trois bâtiments hébergent aujourd’hui des sociétés qui travaillent soit avec le CHU tout proche, soit avec les organismes de recherche (CNRS, IRD, etc.) aussi sur la zone, c’est grâce à cet environnement.

Un réseau en plein développement

Le Biopôle regroupe des sociétés qui s’adressent avant tout au marché de la recherche. C’est le cas de Bio-Rad, créé en 2007 – une vingtaine de salariés aujourd’hui –, l’un des leaders mondiaux des produits sophistiqués destinés aux marchés de la recherche en sciences de la vie et du diagnostic. Acteur majeur dans le secteur du diagnostic in vitro (top 10 mondial), il détient une position de leader dans les domaines du suivi du diabète, du contrôle qualité, du screening des désordres auto-immuns et des maladies transmissibles par le sang (hépatites B et C, sida, syphilis, HTLV).

Pareil pour Diasys Technologies, filiale de l’allemand Diagnostic Systems, spécialisée dans la conception d’instruments de diagnostic in vitro. Depuis vingt-cinq ans, le groupe Diasys développe et produit des réactifs pour la chimie clinique, ainsi que les calibrants et les contrôles associés. Implantées dans les trois bâtiments du Biopôle, des sociétés de services viennent compléter l’offre. Kyomed, par exemple, réalise les validations cliniques de dispositifs médicaux connectés et a signé un accord avec la Carsat pour déployer des solutions de télé-assistance pour les personnes âgées.

« Nous testons des solutions qui comprennent des objets connectés à domicile pour mieux détecter l’activité de la personne et intervenir en cas de besoin (détection des chutes, des changements de comportements). Pour cela, nous allons travailler avec une centaine de retraités volontaires », explique le responsable de la société, Daniel Laune. Petit à petit, le Biopôle permet aux entreprises de développer des activités, en lien de plus en plus étroit avec les autres acteurs de la santé dans la région. 

« Nous travaillons sur trois études cliniques »

Philippe Outrebon, co-fondateur d’Acobiom

  • Quelle est la spécialité de la société Acobiom ?

Acobiom est spécialisée dans la découverte de nouveaux biomarqueurs et dans le développement de diagnostics innovants dans le domaine de la médecine personnalisée. Ces diagnostics permettent de distinguer certaines sous-populations de patients afin de prédire l’efficacité d’une thérapie. La plateforme technologique associe des techniques haut débit de biologie moléculaire et des programmes et algorithmes bioinformatiques et biostatistiques propriétaires permettant le traitement et l’analyse de données importantes.

  • Quels sont vos projets actuels ?

Nous travaillons sur trois études cliniques, deux concernant le cancer du pancréas, la troisième la maladie d’Alzheimer. Il s’agit d’identifier des marqueurs pour faire avancer ensuite le diagnostic. Nous avons aussi des projets sur les biomarqueurs dans le champ du cancer du sein et celui de la prostate.

  • Pourquoi vous êtes-vous installé sur le Biopôle ?

Nous sommes là depuis 2010, on fait partie des plus anciens ! Les choses se sont faites en parallèle : d’un côté, le pôle de compétitivité Eurobiomed a mis en place un groupe de travail sur le diagnostic, dans lequel Acobiom a joué un rôle moteur, et de l’autre, le Biopôle a accueilli progressivement les entreprises biotechs dont beaucoup travaillent sur le diagnostic, ce qui facilite les choses et donne une vraie visibilité à tout le travail mené sur ce sujet par le pôle de compétitivité. 

Les intervenants

  • 14 sociétés
  • Plus de 200 salariés
  • Les partenaires importants du Biopôle : le CHU et 23 laboratoires ou instituts de recherche ; le pôle Eurobiomed, qui regroupe plus de 90 entreprises dédiées au diagnostic médical

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