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Ultime tentative avant la reprise en main de l’assurance chômage par l’Etat

Cécile Maillard , , ,

Publié le

Les organisations patronales feront une ultime proposition aux syndicats pour la dernière journée de négociation sur l’assurance chômage, prévue mercredi 20 février. Mais elle semble éloignée de leurs attentes, ce qui pourrait entraîner un échec de la négociation et une reprise en main par l’Etat.

Chacun commence à poser ses pions pour faire porter la responsabilité de l’échec à l’autre. Les trois organisations patronales (Medef, CPME, U2P) ont décidé le 18 février, de façon surprenante, de répondre à l’ultimatum posé par les syndicats. A l’issue de la dernière journée de négociation sur l’assurance chômage, le 14 février, les syndicats avaient fait savoir qu’ils ne viendraient à la séance du mercredi 20 que s’ils recevaient une proposition patronale prévoyant un système de bonus-malus.

Ne voulant pas mettre en péril la réunion du 20 février, Medef, CPME et U2P ont choisi de faire de nouvelles propositions. Mais dans leur communiqué publié lundi soir, les organisations patronales renvoient la balle à l’envoyeur : elles affirment qu’elles feront "d’autres propositions alternatives au dispositif de bonus malus", mais surtout, qu’elles aborderont "le programme d’économies exigées par la lettre de cadrage envoyée par le gouvernement". Autrement dit, le patronat se dit prêt à faire un geste sur les contrats courts, à condition que les syndicats consentent des efforts sur l’indemnisation des demandeurs d’emplois. Donc si la négociation échoue, ce sera de la faute des syndicats…

Un mauvais signe pour les partenaires sociaux

Les syndicats ont joué exactement la même partition en posant un ultimatum au patronat. Alors que la CFDT s’était jusqu’ici montrée ouverte à d’autres dispositifs que le bonus malus pour décourager l’abus de contrats de travail de courte durée, sa négociatrice Marylise Léon a exigé le 14 février, comme tous les autres syndicats, une "modulation" des cotisations des employeurs à l’assurance chômage en fonction de leur recours à des contrats courts. Un "revirement", vu du côté des organisations patronales, qui n’ont pas apprécié l’ultimatum.

Selon des fuites dans la presse, Medef, CPME et U2P s’apprêtent à proposer le paiement d’une contribution forfaitaire sur les contrats courts, qui alimenterait un fonds destiné à financer des formations pour les salariés en situation de précarité, et à leur ouvrir l’accès à une complémentaire santé. Force ouvrière a réagi dans la soirée : "les annonces patronales semblent exclure toute modulation des contributions. Si tel est le cas, elles porteraient la responsabilité d’un échec de la négociation". Nous y revoilà…

Laisser l'Etat reprendre la main signerait l'incapacité des partenaires sociaux à gérer un dispositif au coeur de l'idée même du paritarisme. Dans un communiqué publié lundi, l'U2P, représentant des artisans, invite d'ailleurs les partenaires sociaux à ne pas "baisser les bras". "Rester sur un constat de désaccord serait destructeur pour les partenaires sociaux", poursuit l'U2P, montrant un attachement au paritarisme que ne partagent pas toutes les grandes fédérations du Medef...

Le gouvernement dans l'embarras

Les partenaires sociaux pourraient aussi être tentés de faire porter à l’Etat la responsabilité de cet échec : par sa lettre de cadrage très précise et impérative, il a rendu impossible tout compromis. Le gouvernement risque d’ailleurs d’être lui aussi dans l’embarras, s’il doit à la fois mécontenter le patronat en instaurant le bonus malus promis par Emmanuel Macron, et les syndicats, en durcissant les règles d’indemnisation du chômage.

Les organisations patronales ont déjà prévu de demander la tenue d’une réunion tripartite (Etat, patronat, syndicats) en cas d’échec de la négociation mercredi 20 février.
 

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