Trois verrous à lever pour accélérer le développement de la blockchain

L’IRT System X, Télécom ParisTech, Télécom SudParis et l’Inria ont signé mardi 6 mars un accord-cadre de six ans destiné à mutualiser leurs compétences afin de lever certains verrous technologiques de la blockchain. Principales cibles : le passage à l’échelle, la confidentialité des données et la gouvernance partagée.

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Trois verrous à lever pour accélérer le développement de la blockchain

La recherche française s’attaque à la blockchain. L'Inria, Télécom ParisTech, Télécom SudParis et SystemX ont signé, mardi 6 mars, un accord-cadre pour coordonner leurs efforts de recherche dans le domaine de la blockchain. Baptisé "Bart" pour Blockchain advanced research & technologies, il durera six ans et mobilisera une trentaine de chercheurs. Son ambition est de lever les verrous technologiques qui freinent le déploiement de cette technologie de stockage des données suscitant l’intérêt de nombreux industriels. Trois principaux défis devront être relevés.


1 - Le passage à l’échelle
En une seconde, six ou sept transactions s’opèrent sur la blockchain Bitcoin contre plusieurs milliers pour le système Visa. Cette lenteur limite l’utilisation à plus grande échelle de la blockchain. Elle s’explique par le processus de validation des transactions, elles-mêmes regroupées dans des blocs qui doivent être validés par un processus de calcul informatique appelé minage. Il faut compter environ 10 minutes pour ajouter un bloc à la chaîne. Pour accélérer, il a été envisagé d’augmenter la taille des blocs de la blockchain Bitcoin et ainsi réduire le nombre de processus de validation. "Mais cette méthode n’est pas sans effet pervers, souligne Charles Kremer, responsable R&D de l’activité blockchain de System X. Car les mineurs (particuliers ou entreprises qui valident les blocs) avec d’importantes puissances de calcul sont privilégiés. En privilégiant un certain type de mineurs, on est de moins en moins dans un système décentralisé, aspect pourtant clé d’une blockchain", juge-t-il.

Pour améliorer l’efficacité de la technologie, Ethereum, autre grande blockchain publique, utilise une méthode de minage moins gourmande en puissance de calcul. "Le passage à l’échelle est surtout un problème pour les blockchains publiques comme Bitcoin et Ethereum, mais c’est une problématique beaucoup moins prégnante pour les blockchains privées comme celle que Carrefour vient de lancer pour suivre ses approvisionnements", note Charles de Kremer.

2 - La confidentialité des données
Suivre à la trace un produit alimentaire ou une pièce détachée, certifier un objet de valeur… Ces possibles applications de la technologie blockchain intéressent beaucoup d’industriels. "Le problème c’est que la blockchain est par nature très transparente, tous les participants peuvent avoir accès à l’historique des transactions et leur contenu, or les entreprises ne souhaitent pas partager certaines informations confidentielles", explique Charles Kremer. System X travaille avec les industriels pour créer des mécanismes de cryptographie afin que certaines informations à propos d’une transaction ne soient pas accessibles à tous.

3 - La gouvernance partagée
La blockchain est un système décentralisé, il n’y a donc pas d’acteur central qui décide pour l’ensemble. Un principe novateur qui peut cependant poser problème lorsqu’une décision doit être prise, notamment sur l’évolution de la technologie. Il est difficile pour l’ensemble des acteurs de se mettre d’accord et cette période d’indécision empêche l’utilisation fluide de la technologie. "Lorsque une partie des acteurs de la blockchain Bitcoin a voulu augmenté la taille des blocs en 2017, d’autres n’étaient pas d’accord, illustre Charles Kremer. Une blockchain parallèle appelée Bitcoin cash a été créée après une longue période de discussions."

Ce problème de gouvernance pourrait être particulièrement prégnant si plusieurs acteurs d’une filière industrielle utilisent la même chaîne de bloc. La clé de la gouvernance réside dans l’architecture informatique selon Charles Kremer. "IBM a par exemple développé une fonction logicielle à son système blockchain Hyperledger, utilisé par les entreprises dans le cadre de blockchain privée, qui permet de donner des accès administrateur à certains acteurs de la chaîne."

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