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Trois chiffres qui prouvent que le capital investissement français se porte mieux que bien

Arnaud Dumas

Publié le

Ils ont multiplié leurs interventions dans le capital des entreprises françaises. Ils ont investi des sommes colossales. Et ils ont levé beaucoup d’argent. Les fonds d’investissement français retrouvent leur niveau d’activité d’avant crise, et plus encore. La preuve en trois chiffres.   

Trois chiffres qui prouvent que le capital investissement français se porte mieux que bien
MedDay a levé 34 millions d'euros en avril 2016 pour financer son traitement contre la sclérose en plaque.

"Nous sommes dans une dynamique que l’on annonce depuis deux ans. Le capital investissement devrait doubler de taille à moyen terme", lance Olivier Millet, le président de l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic) et président du directoire d’Eurazeo PME.

Les sociétés d’investissement ont battu des records au premier semestre 2016. Tant au niveau des fonds levés auprès des investisseurs institutionnels qu’au niveau de l’argent investi dans le capital des entreprises. "L’épargne longue est bloquée dans des systèmes avec des rémunérations faibles, il y a donc un intérêt renouvelé pour des investissements plus rentables", avance le président de l’Afic pour expliquer l’afflux de capitaux. Le capital investissement français a oublié la crise financière et investit massivement dans l’économie française. La preuve en trois chiffres.

1040 entreprises accompagnées

C’est un record pour l’Afic. Jamais les fonds d’investissement n’avaient pris de participation dans autant d’entreprises sur un semestre. Avec 1040 entreprises investies, les fonds progressent de 23 % par rapport au premier semestre 2015. Le précédent record semestriel date de 2011, avec 946 entreprises accompagnées sur le premier semestre.

"Il y a un terreau favorables d’entreprises en France et nous lui apportons des capitaux", résume Olivier Millet. Les investissements se font en majorité au stade du capital développement (521 entreprises) pour des sociétés pour des entreprises ayant déjà fait leurs preuves. Puis en capital-risque (359 entreprises), pour des sociétés encore jeunes et plus risquées.

5,5 milliards d’euros investis

Les investisseurs en capital ont apporté 5,495 milliards d’euros de fonds propres à ce millier d’entreprises. En progression spectaculaire de 47 % par rapport au premier semestre 2015 (3,7 milliards d’euros). "Il y a beaucoup d’entreprises, elles recèlent de qualités et de talents", souligne le patron d’Eurazeo PME.

Le capital investissement confirme une tendance entamée depuis 2014. Après plusieurs années pendant lesquelles l’investissement annuel moyen plafonnait autour de 6 milliards d’euros, les fonds d’investissement ont entamé leur remontée vers les niveaux d’avant crise des subprimes. Ils ont dépassé le seuil fatidique des 10 milliards d’euros investis dans l’économie française en 2015. Ils devraient faire au moins aussi bien, voire plus sur l’année 2016.

Les investissements en LBO (Leverage buy-out ou capital transmission) se taillent la plus grosse part du montant total, avec 3,2 milliards d’euros investis sur le semestre et un ticket moyen de 20,4 millions d’euros. Il enregistre une progression de 56 % des montants investis. Le capital développement, avec 1,7 milliard d’euros investi, progresse de 37 %.

6,2 milliards d’euros collectés

Les fonds d’investissements pourront continuer sur la même tendance dans les années à venir. Leur collecte d’argent auprès des investisseurs institutionnels a également enregistré une forte progression sur le premier semestre. En tout, 55 sociétés de gestion ont levé 6,2 milliards d’euros, contre seulement 4,4 milliards d’euros levés au premier semestre 2015.

Un fonds d’investissement a levé à lui tout seul 2,8 milliards d’euros, expliquant le fort rebond des collectes. Et, selon l’Afic, au moins une levée de fonds de même ampleur devrait se produire au second semestre. Ce qui laisse espérer une collecte totale pour l’année 2016 autour de 12 ou 13 milliards d’euros, selon l’association. Il faut remonter à l’année 2006 (12 milliards d’euros levés) pour retrouver des sommes équivalentes.

Les investisseurs étrangers ne boudent pas le capital investissement français. Sur les 6,2 milliards d’euros du premier semestre, 49 % proviennent de l’étranger. A quasi parité entre les investisseurs européens et les investisseurs du reste du monde. "C’est contre-intuitif, mais nous arrivons à convaincre beaucoup d’épargne internationale à venir investir en France", souligne Olivier Millet.
L’Afic espère justement que l’épargne française puisse se tourner plus massivement vers les fonds d’investissement. "Nous ne demandons pas la prochaine niche fiscale, soutient le président de l’association. Mais nous travaillons avec le gouvernement pour encourager certains segments du capital investissement."

Le compte entrepreneur investisseur, prévu pour la prochaine loi de finance rectificative, ou encore l’orientation des fonds de l’assurance vers l’économie font toujours partie des discussions entre l’Afic et le gouvernement.

Arnaud Dumas
 

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