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[Tribune] Penser la contre-ubérisation

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Tribune Comment répondre au défi de l’ubérisation ? L’économiste Michèle Debonneuil propose de développer le secteur "quaternaire". Des solutions technologiques qui mettent l’humain au cœur du processus au lieu de s’en passer.

[Tribune] Penser la contre-ubérisation © La Poste

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Trois mots. Pas plus. Ou cinq petites syllabes pour résumer le mal économique en voie de propagation : "coût marginal nul", pour les familiers du numérique comme l’économiste Michèle Debonneuil, invitée par l’Ecole de Paris du Management le 5 octobre dans les locaux de Mines ParisTech.

Selon elle, une sorte d’ubérisation à grande échelle bouleverse complètement les règles du jeu connu depuis la révolution industrielle où le travailleur et la matière résidaient au cœur du processus productif. "Des plateformes dites biface fournissent des applications qui permettent à des travailleurs indépendants d’avoir les informations utiles pour mettre des biens et des personnes à la disposition des consommateurs sur leurs lieux de vie. Ces plates-formes de distributions d’applications sont la propriété de géants du Net qui ne supportent que des coûts fixes et produisent donc à CMN (coût marginal zéro NDLR) mais gagnent des fortunes en vendant les données qu’ils collectent", explique-t-elle.

Conséquence : des travailleurs indépendants précaires, des distributeurs hyper riches et puissants en situation de monopole et des consommateurs réduits à des bases de données. Peu réjouissant ! Mais, heureusement, Michèle Debonneuil ne s’en tient pas à ce glaçant diagnostic. Sa solution s’appelle le quaternaire et constitue pour reprendre le titre d’un de ses livres "L’espoir économique" (Bourin Editeur, 2007). Mais encore ?

Le quartenaire renoue avec les intermédiaires

Le concept vise en fait à associer le secteur secondaire (industrie, BTP …) à celui des services, à mêler le monde du virtuel à celui du réel. L’ubérisation se passe des intermédiaires, le quaternaire au contraire renoue avec eux, en fait même le pivot de la relation entre le producteur de biens et le consommateur. "Ces solutions s’appliquent en particulier aux services à la personne et de proximité. Il suffirait à chaque Français de consommer de la sorte deux heures par semaine pour créer 4 millions d’emplois", poursuit-elle.

Mais cette administratrice de l’Insee, passée par les cabinets ministériels n’en reste pas à des calculs théoriques, fussent-ils remplis de promesses. Elle s’emploie à créer les premiers bouquets de solutions autour de la télésurveillance et de la téléassistance avec le Crédit mutuel, la Fnac-Darty et Allianz. Le banquier, le distributeur et l’assureur proposeraient ensemble un contrat global de maintenance aux personnes âgées pour utiliser une série de produits connectés : télévision, mais aussi télésurveillance et téléassistance et toutes sortes de services à la personne adaptés aux besoins précis des personnes … Le tout, avec l’appui technique d’un vrai "référent", travailleur salarié payé par la structure. "Le montage n’est pas encore bouclé mais il constitue un modèle réplicable et généralisable à tous les âges pour vivre mieux chez soi. Il s’agit de passer de l’achat de biens et de services à une utilisation personnalisée des services connectés autour d’objets connectés que l’on n’achète plus. Le salariat ne disparaît pas, il se transforme : les salariés travaillent sur les lieux de vie des consommateurs en utilisant des machines numériques. Au fond, il est possible de créer de nouveaux bons emplois et de relever le défi démographique du vieillissement en passant de l’avoir plus à l’être mieux ". Parole d’une économiste iconoclaste. 

Pierre Bouquet et Franck Dedieu, IPAG Business School

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