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[Tribune] "Les pôles de compétitivité doivent acquérir une dimension européenne”, prévient Delphine Geny-Stephann

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Tribune La quatrième phase des pôles de compétitivité (2019-2022) est lancée. La remise des dossiers de candidature pour obtenir le label arrive à échéance le 19 octobre. L’occasion pour Delphine Geny-Stephann, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, de rappeler dans cette tribune la politique de soutien à l’innovation du gouvernement et d'inciter les acteurs des pôles à s’inscrire dans une ambition européenne en s'organisant pour mieux récupérer les fonds de l’Union. La condition selon elle pour améliorer la lisibilité du label des heureux élus qui seront sélectionnés avant la fin de l'année.

[Tribune] Les pôles de compétitivité doivent acquérir une dimension européenne”, prévient Delphine Geny-Stephann
Delphine Geny-Stephann, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances
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Depuis 14 ans, les pôles de compétitivité sont un catalyseur de rencontres entre des technologies de pointe, des grands groupes et PME en quête de nouveaux marchés et des savoir-faire locaux. Plus de 1 800 projets de recherche ont été portés, plus de 25 000 emplois directs ont été créés selon France Stratégie, et des centaines de PME ont pu commercialiser – que ce soit dans la santé, l’agriculture ou l’énergie – des produits qui n’auraient peut-être jamais vu le jour sans les pôles.

Ils sont maintenant des acteurs connus, identifiés. Certains sont prêts à partir à la conquête de l’Europe. Le Premier Ministre a donc annoncé en juin dernier le lancement d’une "phase IV" des pôles de compétitivité, guidée par une ambition économique : faire de la France la première nation d’innovation en Europe. J’ai présenté le 27 juillet le cahier des charges de l’appel à candidatures de cette nouvelle phase, élaboré en partenariat étroit avec les Régions, avec un haut niveau d’exigence. Parce que ce doit être l’occasion pour les pôles de monter en gamme, d’acquérir une taille critique. Pour coopérer avec d’autres entreprises ou d’autres pôles européens.

Depuis maintenant plus d’un an, le gouvernement met en effet en place un cadre favorable à la création, à la disruption et à l’investissement dans les nouvelles technologies. Nous avons transformé notre fiscalité pour favoriser la prise de risque et le financement de nos entreprises en fonds propres. Nous avons, dans un contexte budgétaire guidé par le rétablissement de l’équilibre de nos finances publiques, pérennisé des dispositifs d’innovation qui fonctionnent, en sanctuarisant le crédit impôt recherche. Avec la loi PACTE, que je porte actuellement au Parlement avec Bruno Le Maire, nous investissons massivement dans les technologies de rupture grâce à la création d’un fonds pour l’innovation et l’industrie doté de 10 milliards d’euros.

Rivaliser avec les Américains et les Chinois

Les pôles de compétitivité sont un des relais de cette politique dans les territoires. Je souhaite qu’ils partagent notre ambition européenne. Parce que nos entreprises doivent s’internationaliser, parce qu’elles doivent penser, dans toutes les phases de leur développement, au marché unique européen. La France doit davantage tirer parti des politiques et des crédits européens en matière de soutien à la recherche et à l’innovation.

Cette quatrième phase des pôles de compétitivité appelle donc à l’exigence et à l’ambition : dans les projets portés par les pôles, dans la mobilisation des membres pour bâtir un plan d’affaires pérenne, dans l’atteinte d’une taille critique pour porter une action en faveur des territoires et au bénéfice du développement des entreprises. Les fusions entre pôles actuels, quand elles sont pertinentes et assises sur un plan d’affaires ambitieux, constituent une voie possible pour atteindre cette ambition. C’est en associant les meilleurs ingénieurs européens et les entreprises les plus prometteuses que nous arriverons à attirer des capitaux et faire naître des sociétés capables de rivaliser avec leurs concurrents américains, chinois et sans doute demain, indiens.

Osez penser plus grand

La constitution de cette nouvelle carte de l’innovation se fait en partenariat étroit avec les Régions, au regard de leur compétence et de leur expertise en matière de développement économique des territoires.

La phase 2019 – 2022 permettra donc d’améliorer la lisibilité du label au bénéfice des pôles qui auront été sélectionnés et de leur rayonnement européen. D’ici le 19 octobre, les candidats peuvent soumettre aux équipes de la direction générale des entreprises leur dossier. L’examen des candidatures des pôles s’appuiera à la fois sur les résultats obtenus au cours de la phase III (brevets, innovations, emplois créés…), mais aussi sur le modèle d’affaires prévu pour la phase IV, notamment la capacité à mobiliser plus de financements privés et à participer à un projet de développement dans leur territoire.

Cette phase IV est un appel à oser. Ce n’est pas en ne faisant que multiplier et essaimer nos talents que nous aurons une politique d’innovation ambitieuse. Osez vous rapprocher entre pôles nationaux et européens pour penser plus grand, osez associer les meilleures compétences d’Europe, osez cette ambition européenne.

Delphine Geny-Stephann, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances

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