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Transfert de technologies : les SATT valent-elles vraiment un milliard d'euros ?

Aurélie Barbaux , , , ,

Publié le

Made in France En peine de reconnaissance, les Sociétés d’accélération de transfert de technologies (SATT) nées du programme d’investissements d’avenir, cherchent à justifier le milliard d’euros misé sur elles.

Transfert de technologies : les SATT valent-elles vraiment un milliard d'euros ? © Pascal Guittet

Un dispositif unique au monde ! Jamais un pays n’a investi une telle somme pour valoriser sa recherche. Avec 14 Sociétés d’accélération de transfert de technologies (SATT) aujourd’hui toutes opérationnelles, le territoire français - composé de 67 universités et 160 établissements de recherche - est quasi-entièrement couvert, il ne manque plus que la Normandie.

Olivier Freneaux, président du réseau SATT, ne tarit pas d'éloges pour vanter ces sociétés, nées du programme d’investissement d’avenir et dans lesquelles vont être investis 856 millions d’euros sur 10 ans (le reste du milliard allant notamment au Fonds France Brevet). Pour leur première convention, organisée à Paris le 25 novembre, Geneviève Fioraso, secrétaire d'État chargée de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, pourtant très réticente à l'égard des SATT, est venue les soutenir.

"C'est une opportunité majeure pour les établissements publics de professionnaliser la mission de transfert à destination du monde socio-économique, mission inscrite dans la loi du 22 juillet 2013", a rappelé la ministre avant d’insister sur "la disposition législative sur le mandataire unique, dont le décret vient d’être approuvé par le Conseil d’État." 

40 start-up créées revendiquées

Inscrire la valorisation des SATT dans une loi ne suffit pas. Au 30 octobre 2014, le réseau de sociétés revendique la détection dans les laboratoires de recherche publique de 2900 projets valorisables, le dépôt de 540 brevets, la signature de 140 contrats de licences d’exploitation et la création de 40 start-up. Pour ce faire, elles ont engagé 70 millions d’euros. Soit à peine un dixième du capital réservé aux SATT et géré par la Caisse des dépôts, actionnaires à 33% de chacune des SATT aux côtés des universités et établissements de recherche.

Un premier bilan honnête, mais pas - encore - suffisant pour justifier les sommes investies dans ces structures, très gourmandes en frais de fonctionnement, alors que les laboratoires se plaignent de ne plus pouvoir embaucher de chercheurs. "En rythme de croisière, chaque SATT dépense environ 3 millions d’euros par an pour fonctionner ", a calculé Christian Esteve, président de la SATT IDF Innov, qui rappelle avoir comme principal objectif d’être "à l’équilibre financier au terme des dix ans du programme", pour parvenir à fonctionner sans les subsides de l’État.

Forcément, en creux, si les 14 SATT y parviennent, cela voudra dire qu’elles ont effectivement réussi à industrialiser la valorisation de la recherche publique française. Mais entre temps, ce travail, fastidieux, est lui-même dur à valoriser. Et la partie n’est pas gagnée, car certains grands organismes de recherche, comme le Fist au CNRS ou l’Inserm Transfert, n’ont pas délégué au SATT cette activité. Et d’autres, comme l’Inria ou l’Inra, ne sont membres d’aucune SATT. Le CEA a, lui, réussi à adapter le concept de SATT, à Grenoble, à son propre mode de valorisation.

Pas d’approche globale

On se retrouve donc en France avec un réseau de valorisation régional et des structures nationales, travaillant chacun de leur côté, sans réussir à mutualiser leurs efforts (pas de bases de données communes, par exemple). Le réseau des SATT se contente pour l’instant de partager les ressources en communication. "On ne fera pas l’économie d’une approche globale", prévient Christian Esteve.

Certes, le Commissariat général à l’investissement (CGI) veille au grain, et a établi une batterie d’indicateurs pour "monitorer" le patient SATT, tous les 3 ans. "Nous allons évaluer l’efficience du dispositif en terme de production de brevet et de start-up, explique Claude Girard, responsable valorisation au CGI. Nous avons aussi des indicateurs de gouvernance, notamment sur la capacité à baisser les coûts de production, mais aussi sur la capacité des actionnaires à faire leur métier d’administrateur." Bref, à faire de la valorisation une activité rentable ?

Reste à persuader les chercheurs d’acheter leurs services. Or, c’est de changement culturel qu’il s’agit. Un changement qui vaudrait un milliard d’euros. Mais les disperser valait-il mieux que les concentrer ?

Aurélie Barbaux

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