Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Toutes les dettes ne conduisent pas à la crise

Publié le

Toutes les dettes ne conduisent pas à la crise

Le niveau de dette dans le monde inquiète le Fonds monétaire international (FMI). En additionnant la dette publique et la dette privée (celle des entreprises et des ménages), il atteignait 164 000 milliards de dollars en 2016, en augmentation de 40 % par rapport à 2007. La dette privée en constitue les deux tiers, le reste est celle des États. Comme l’a constaté en avril Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, « la dette publique dans les économies avancées est à des niveaux jamais vus depuis la dernière guerre mondiale. » Au-delà de la perspective d’une hausse des taux, qui menace la soutenabilité des dettes, il est relativement documenté qu’un afflux de crédit conduit en général à des bulles débouchant elles-mêmes sur des crises financières qui se propagent à l’économie réelle. Mais est-ce automatique ? Et, surtout, les différents types de dette ont-ils le même impact sur la croissance ? C’est cette question que traitent Mattia Guerini, un chercheur de l’OFCE, et trois économistes, dans un article intitulé z« The Janus faced nature of debt », à paraître dans la revue « Macroeconomic Dynamics ». Leur étude s’attache à démontrer que la hausse de la dette privée et celle de la dette publique ont des effets très différents sur une économie. En l’occurrence, les chercheurs se sont appuyés sur des données américaines de 1966 à 2015 et sur un algorithme de « recherche causale ». Ils montrent trois impacts pour trois types de dette. Les chocs de dette publique affectent positivement à court et à moyen terme la production et l’investissement car les investissements publics se répercutent sur les investissements privés et sur la consommation. L’augmentation de la dette privée n’a pas d’impact positif à moyen terme. En revanche, la hausse de la dette des ménages, en particulier leurs crédits immobiliers, alimente des bulles qui se transmettent au système économique avec un impact négatif sur la production et la consommation à moyen terme. Un effet clairement ressenti lors de la crise des subprimes en 2008. La limite de l’étude est qu’elle ne porte que sur les États-Unis, qui n’ont pas de difficulté à placer leur dette souveraine et possèdent une monnaie de réserve. Au-delà des modèles théoriques, l’expérience prouve que certains États peuvent faire défaut, ce qui est très mauvais pour l’économie en général. Sans s’avancer sur un seuil maximum, les auteurs relativisent en tout cas l’idée de diaboliser la dette publique. 

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle