Economie

Theresa May opte pour un Brexit dur

Solène Davesne ,

Publié le

La Grande-Bretagne veut sortir du marché commun et négocier un accord de libre-échange avec l'Union européenne. 

Theresa May opte pour un Brexit dur

Un peu moins de sept mois après le référendum, la première ministre britannique Theresa May a enfin arrêté sa feuille de route pour organiser la sortie de son pays de l’Union européenne. Après des mois d’atermoiement sur les modalités de négociation, c’est le scénario d’un "hard Brexit" qui se profile. " Brexit veut dire Brexit", martelait-elle depuis des mois. Afin de reprendre le contrôle de son immigration, la Grande-Bretagne est bien décidée à quitter le marché commun. Depuis des mois, les dirigeants européens martelaient que la libre-circulation des travailleurs était un prérequis non négociable pour y conserver un accès. Dont acte. "Je veux être claire, le Brexit ne peut pas signifier être membre du marché unique", a affirmé Theresa May. Dans les négociations de ses futures relations avec l’UE, Londres ne veut pas suivre l’exemple de la Suisse ou de la Norvège, qui ont tous deux négociés un accès au marché unique tout en ne faisant pas partie de l’Union européenne.

Un accord de libre-échange

Afin de maintenir ses liens économiques avec le continent, Theresa May espère malgré tout négocier un accord de libre-échange " garantissant l’accès le plus large possible" au marché européen. Mais "la Grande-Bretagne préferera ne pas avoir d’accord plutôt qu’un mauvais accord" menace la Première ministre britannique, qui a une idée assez précise d’un "bon" deal, préservant par exemple la liberté de circulation pour les services financiers.

Theresa May s’estime en position de force pour arracher un traité de libre-échange favorable aux intérêts britanniques d'ici deux ans."Je ne pense pas que les dirigeants européens voudront expliquer aux salariés allemands de l’industrie automobile et aux agriculteurs français qu’ils vont devenir plus pauvres pour punir la Grande-Bretagne", assure la Première ministre. Le pari de Londres est que l'UE a plus à perdre que la Grande-Bretagne. Le calcul est hasardeux. Le Royaume-Uni dont près de la moitié de ses exportations sont écoulées en Europe ne représente toutefois que 5 % des exportations du reste de l’Union européenne. En cas de mauvaise volonté européenne, la Premier ministre menace qu'elle pourrait  "changer radicalement de modèle économique" et transformer son économie en paradis fiscal aux portes du continent. 

Une participation aux programmes scientifiques

Theresa May fait quelques concessions. La Grande-Bretagne pourrait continuer à participer et à financer à certains programmes européens en matière scientifique et de recherche. Pour ce qui concerne l’immigration, le statut des résidents européens en Grande-Bretagne devra aussi être négocié.Londres n’entend pas pour autant fermer les portes mais veut une immigration à la carte, afin d’attirer "les plus brillants et les plus talentueux" dans le Royaume.

Dans un monde gagné par les tentations protectionnistes, c’est d’ailleurs tout le paradoxe du Brexit. "Nous voulons une Grande-Bretagne vraiment mondiale", a rappelé à plusieurs reprises Theresa May. Contrairement à Donald Trump, qui veut renforcer les barrières douanières avec le Mexique et la Chine, Theresa May fait le pari du libre-échange et d’une "nation commerçante ouverte". "Nous devons explorer le monde et augmenter notre commerce avec le reste du monde", revendique la Première ministre, qui veut négocier aussi des accords de libre-échange avec la Chine, le Brésil, l’Australie, la Nouvelle Zélande et les Etats-Unis. Un pari audacieux.
 

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte