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Tech for good ou tech for worse ?

Christine Kerdellant - Directrice de la rédaction , ,

Publié le

L’éditorial de Christine Kerdellant, directrice de la rédaction.

Tech for good ou tech for worse ?
Christine Kerdellant, directrice de la rédaction de L'Usine Nouvelle
© DR

Ray Kurzweil, pape du transhumanisme et directeur de recherche chez Google, est convaincu que l’intelligence artificielle hybride existera en 2045 et permettra au cerveau humain de se brancher sur le cloud via une connexion au néocortex. L’homme pourra alors transférer le contenu de son cerveau dans un corps de robot. Comme il veut tenir jusque-là, ce chercheur de 70 ans avale une centaine de pilules chaque matin. Pour lui, l’IA hybride est la prochaine étape d’une évolution commencée il y a deux?millions d’années avec l’augmentation du volume de la boîte crânienne. Et la mort, un problème technique que la technologie résoudra. Même si, pour le paléontologue Pascal Picq, il ne s’agira pas d’immortalité, mais d’amortalité… Progrès technique et progrès humain se confondent-ils toujours ?

En Chine, la tech et les réseaux sociaux vont permettre d’attribuer une note aux 1 300 millions de Chinois. Certains l’ont déjà et ont vu le résultat : pour une bêtise dans leur dossier, ils n’ont plus le droit de voyager… À Suqian, la reconnaissance d’images permet de repérer un piéton dans une foule ; celui qui traverse au rouge verra sa photo s’afficher sur tous les panneaux alentour jusqu’à ce qu’il ait payé son amende ! La Chine, c’est "1984" en pire, car plus question de se cacher dans l’angle mort du "télécran" de Big Brother. Avec votre smartphone, vous êtes géolocalisé.

Les sujets de préoccupation liés à la technologie sont infinis. En vrac : le non-respect des données personnelles par Facebook, le remplacement des salariés par des robots et par l’IA, la sélection des embryons qui ouvre la voie à l’eugénisme, l’absence de comité d’éthique dans les laboratoires IA de Google, le dépôt – par le même Google – d’un brevet pour une lentille intraoculaire qui remplacerait les Google glass (et permettrait peut-être d’enregistrer les images que vous voyez. N’importe qui pourrait visionner ensuite tout ce que vous avez vécu…).

Non, progrès technique et progrès humain ne se confondent pas, même si l’on se réjouit que Google s’attaque à la maladie de Parkinson et au dépistage du cancer avant même la tumeur. Non, on n’arrête pas le progrès… Mais on peut en faire un projet de société.

L’humanisme de la Renaissance se poursuit dans le transhumanisme. Mais les moyens techniques, financiers et scientifiques d’aujourd’hui n’ont rien de commun avec ceux du XVIe?siècle. La rapidité de l’évolution technologique est telle que plus personne ne « pense » ses implications. Certes, des entreprises européennes – comme le moteur de recherche Qwant et le spécialiste de l’IA embarquée Snips – défendent des modèles plus éthiques. Certes, des mouvements comme la "Tech for good" promeuvent des technologies pour une société plus inclusive. Mais cela ne suffit pas à bâtir un projet de société, à engager la grande réflexion collective qui devrait pourtant faire figure de priorité. Le risque de "goodwashing", après le "greenwashing", n’est jamais très loin.

La technologie a toujours été à double tranchant. Le feu nous réchauffe et il brûle nos villages. Les prochaines élections européennes doivent être l’occasion d’engager une réflexion sur le modèle de société post-Gafa que nous désirons pour le continent. Mais y parlera-t-on au moins de technologie ?

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1 commentaire

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31/08/2018 - 12h00 -

ET "Tech pour le meilleur ou pour le pire", c'est pas possible de l'écrire en français ? L'écrire en anglais n'apporte rien.
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Usine Nouvelle N°3573-3574

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