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Taïwan sur le fil

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La croissance de 4% promise par le président Ma Ying-jeou est devenue une chimère.

Les entreprises citées

À Taipei, ni le ballet infernal des scooters dans les avenues rectilignes héritées de la colonisation japonaise, ni l'affluence bruyante des marchés nocturnes ne laissent entrevoir les nuages qui s'accumulent sur l'économie de Taïwan. Pourtant... En août, le PIB a chuté à 0,18%. Un petit choc. La croissance de 4%, promise par le longiligne président Ma Ying-jeou avant sa réélection en janvier, est devenue une chimère. Certains analystes prévoient 1,4% cette année. Dans la chaleur subtropicale de cette fin d'été, l'île, comme la plupart des nations asiatiques, n'est plus épargnée par le blues de l'économie mondiale. C'était même l'un des principaux sujets (avec les disputes territoriales en mer de Chine) lors du sommet des nations de l'Asie Pacifique (Apec) le week-end dernier, à Vladivostok (Russie).

À Taïwan, plombées par la crise de la zone euro et la reprise molle aux États-Unis, les exportations ont chuté de 4,2% en août, le sixième mois de repli. Même les stars de la high-tech Acer, Asus ou Pegatron accumulent les contre-performances. HTC, coincé entre Apple et Samsung, est à la peine. Une division de Foxconn vient, elle, de subir de lourdes pertes, entraînée par son client Nokia. Tous attendent avec impatience la montée en puissance de la nouvelle génération de « devices » (tablette Nexus, iPhone 5 ou ultrabooks sous Windows 8...).

Car la Chine, premier marché de Taïwan, montre elle aussi des signes de fatigue, au point que le pouvoir a lancé un plan de relance massif. Pourtant, c'est vers son puissant voisin que Taïwan voit de plus en plus son avenir économique. Pékin et Taipei ont ainsi signé, le 7 septembre, un accord ouvrant la voie à l'utilisation financière du yuan sur l'île. Pour Pékin, il s'agit d'un pas de plus vers l'internationalisation du « RMB » débuté à Hongkong. Quant à Taïwan, ses grands groupes ou la myriade de PME présentes en Chine pourront éviter le risque de change ou financer plus aisément leurs investissements massifs. Cela renforce surtout l'interconnexion croissante de ces deux économies qui s'est accélérée encore cette année avec l'entrée en vigueur de l'Ecfa, un accord de libre-échange.

Le Président Ma a même proposé une loi facilitant les investissements chinois, jusque-là limités pour raison politique. Un sacré paradoxe, car l'ancienne Formose est considérée par Pékin depuis 1949 comme une province rebelle. D'ailleurs, dans une région marquée par la montée des nationalismes, l'opposition parlementaire n'a de cesse de dénoncer le bradage de l'île à « Mainland China».

A Taipei, Pierre-Olivier Rouaud

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