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Syndicalisme et ubérisation sont-ils compatibles ?

Christophe Bys , , ,

Publié le

Lasaire vient de publier une note intitulée "ubérisation, transport sans conducteur ? Quelle défense et protection pour les travailleurs ? Si elle se félicite de modes de transport alternatif remettant en cause l'usage individuel de l'automobile, elle s'inquiète des conséquences sociales du développement des plates-formes numériques, notamment pour les chauffeurs. Elle préconise une lutte plus ferme contre l'optimisation fiscale, une mobilisation de la société civile et voit dans le statut de l'intermittent du spectacle une voie à explorer. 

Syndicalisme et ubérisation sont-ils compatibles ? © Fotolia

L'uberisation sonne-t-elle le glas du syndicalisme ? Telle est la question que pose le laboratoire social d'actions d'innovations de réflexions et d'échanges (Lasaire), un lieu de débat et d'échange européen sur le rôle et la place du dialogue social et des syndicats dirigé par Jean-Cyril Spinetta, l'ancien PDG d'Air France. Cette organisation vient, en effet, de publier une une note portant sur les effets de l'uberisation en matière de transport public sur le dialogue social et le syndicalisme. 

Les plates-formes ces prédateurs 

A la différence d'autres notes déjà publié sur le sujet, cette dernière  dirigée par Joël Le Coq, est plutôt très critique sur les start-up du numérique, considérant par exemple que l'économie de plate-forme "dépend du niveau de richesse des Etats et des populations mais l'utilise comme un prédateur. Ce qui interroge sur la durabilité d'un tel système".

Elle reconnaît le rôle positif que peuvent jouer les plates-formes numériques pour construire une alternative à l’usage individuel de la voiture, elle s’inquiète des conséquences sociales.

Surtout, elle s’inquiète de la réalité des motivations desdites plates-formes qui sous prétexte de pratiquer l’économie collaborative suivent plutôt une logique strictement financière ou commerciale. "Il faut constater que partant d’idées collaboratives sur un objectif social ou environnemental, les sociétés opèrent un glissement vers le secteur commercial et financier", regrette Joel Le Coq. Ainsi en va-t-il d’Uber "une plate-forme prédatrice" mais aussi de Heetch qui vient d’être interdite par la justice, tandis que Blablacar continue de trouver (partiellement) grâce aux yeux de l’auteur de la note.

Lutter contre les politiques d'opitmisation fiscale

Alors que la voiture sans conducteur se profile, la note s’interroge sur la place de l’action syndicale dans ses entreprises, mais pas seulement. La première action à mener concerne la politique d’optimisation fiscale qui consiste "à augmenter les profits sans contribuer à financer les conséquences sociales de leur développement" (celui des plates-formes NDLR).

Cette action pour être pleinement efficace doit être menée à l’échelle européenne et ne saurait constituer l’alpha et l’omega d’une politique. Lasaire appelle la société civile à se saisir de ce sujet, citant l’exemple allemand, où le syndicat IGmetall a créé faircrowdwork.org soit un site où les indépendants peuvent noter les différentes plates-formes.

Plus problématique est la question de la prise en charge par les syndicats de ces derniers. Si cela pourrait être la solution pour éviter "la fragmentation du travail, la multiplication d’activités sous des statuts différents", entraînée par la numérisation, Joël Le Coq insiste sur le fait que beaucoup de ces nouveaux travailleurs sont attachés à l’indépendance. "Les organisations syndicales sont confrontées au choix de syndiquer ou pas des travailleurs qui ne sont pas juridiquement des salariés."

Quelle représentation collective des indépendants ? 

Il faut créer des droits collectifs sans que cela n’entrave l’autonomie des personnes. De même, l’auteur de la note considère que la nécessaire protection des indépendants ne doit pas se faire au prix d’une pénalisation des salariés. S’il n’est pas explicite sur la dite menace, on peut penser qu’il se réfère aux propositions qui voudraient que les droits ne soient plus attachés à un contrat de travail mais à l’individu, comme c’est le cas dans d’autres pays européens.

La solution du revenu universel ne convient pas davantage à l’auteur. En assurant un revenu garanti à tous, il dissocierait pourtant durablement revenu et salaires. Mais pour l’auteur de la note il faut une erreur d’appréciation en considérant que le numérique "implique la disparition du travail".

l'intermittence, ce modèle d'avenir 

Une solution inspirée par le statut des intermittents du spectacle a davantage la faveur de l’auteur de la note. Toutefois, "l’extension du statut d’intermittence pourrait être envisagée pour certaines activités, sous réserve d’en maîtriser le processus pour maintenir l’emploi stable là où il existe. Une telle extension suppose de reveoir le financement".

La note de Lasaire  mérite de poser le débat dans des termes renouvelés, en prenant le point de vue des travailleurs indépendants et des voies de leur représentation. On regrettera cependant qu’elle ignore les nombreux travaux existant sur le sujet de Génération libre ou ceux de David Menascé pour  l’institut de l’entreprise ou encore le livre récent de Gilbert Cette et Jacques Barthélémy pour en livre une critique argumentée.

Reste une conclusion des plus originales puisque selon Joël Le Coq "Uber est contraint de se préoccuper du social". Le responsable pour la France de la licorne californienne Thibaud Simphal ne nous avait pas dit autre chose quand nous l’avions interviewée.

L'intégralité de la note de LASAIRE :

uberisation lasaire by L'Usine Nouvelle on Scribd

 

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