Sur l’économie, François Hollande attend désormais les fruits de sa politique

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Analyse Le président de la République a fait peu d’annonces dans sa conférence de presse. Le chef de l’Etat a confirmé l’adoption prochaine d’une loi sur le dialogue social et la tenue d’Assises de l’Entreprenariat.

Sur l’économie, François Hollande attend désormais les fruits de sa politique © Présidence de la République - Capture Dailymotion

Les attentats et "l’esprit du 11 janvier" ont bouleversé l’ordre des priorités. Alors que les précédentes conférences de presse présidentielles avaient été archi-dominées par les enjeux économiques, l’actualité ukrainienne, les questions de sécurité étrangère ou le développement des banlieues ont relégué, cette fois, l’agenda économique du gouvernement à l’arrière-plan.

Sur le fond, les annonces ont été rares, dans une intervention où le chef de l’Etat a surtout marqué sa présidentialisation. Un an après l’annonce du pacte de responsabilité et de solidarité, l’exécutif n’entend pas changer le cap de sa politique économique en faveur de la compétitivité. Pour relancer l’économie, "nous devrons aller plus loin encore", assume François Hollande même si "on ne peut pas encore apprécier tous les résultats du pacte", dont les premières mesures sont en vigueur depuis début janvier seulement.

Rénovation du dialogue social et assises de l'entreprenariat

Comment aller plus loin ? Le chef de l’Etat est resté flou sur les nouvelles réformes à mener, évoquant "l’emploi des jeunes, l’insertion des chômeurs de longue durée, l’amélioration des performances des entreprises et le financement". La plupart des chantiers mentionnés par François Hollande pour relancer la machine sont de fait déjà engagés.

Après l’échec des négociations entre partenaires sociaux, le gouvernement devrait présenter une loi sur la rénovation du dialogue social dans les prochains mois, qui est une "loi économique" pour François Hollande. Le président a aussi confirmé l’organisation d’Assises de l’entrepreneuriat, pour dynamiser la création d’entreprises mais aussi prendre des initiatives en faveur de la culture d’entreprise dès l’école. "Nous continuerons à simplifier", rappelle aussi François Hollande, en citant aussi les chantiers engagés de la transition énergétique et de la loi Macron, en cours d’adoption.

Cap sur l'éducation, l'égalité des territoires et le numérique

Pour la fin du quinquennat, les grandes priorités affichées par la tête de l’exécutif se situent loin de l’économie. Dans les mois à venir, l’Elysée entend se concentrer prioritairement sur l’école, l’égalité des territoires mais aussi le numérique, renouant ainsi avec le thème de la jeunesse, martelé pendant la campagne de 2012. Une "grande école du numérique" devrait être créée afin de diffuser sur tout le territoire les formations sur ce sujet. Le numérique devrait aussi être enseigné jusqu’en terminale "avec des diplômes correspondants" tandis que les lycées professionnels "seront revalorisés".

Sans le dire, François Hollande mise donc pour les prochains mois surtout sur l’amélioration de l’environnement économique, pour tirer les fruits de sa politique. Le chef de l’Etat, qui lie son éventuelle candidature en 2017 à la baisse de la courbe du chômage, ne se risque plus aux pronostics. Mais selon lui : "il y a des résultats". "La croissance est supérieure à ce qu’elle était, les investissements repartent, on maîtrise un peu mieux les dépenses", souligne le chef de l’Etat, en reconnaissant des progrès "trop fragiles pour être considérés comme suffisants".

Plus de confiance pour plus de croissance

Pour relancer véritablement la croissance, "ce qui va compter, c’est la confiance", résume François Hollande. Une confiance qui devra aussi être confirmée au niveau de la zone euro. Après le refus de la BCE d’accepter des obligations de l’Etat grec en collatéral, le président français s’est employé à dédramatiser l’enjeu et s’en est tenu à une position médiane face à la Grèce d’Alexis Tsipras. Même si "l’austérité à tout jamais comme ligne d’horizon ne peut pas être une solution", le chef de l’Etat défend un accord "dans le respect du vote grec" mais aussi "dans le respect des règles européennes".

Alors qu’Angela Merkel et François Hollande affichent la nouvelle entente du couple franco-allemand, en se rendant ensemble à Kiev puis Moscou, le président français entend pousser une dernière priorité, la relance d’une Union européenne de l’énergie. Avancée régulièrement depuis deux ans, le projet est toujours au point mort.

Solène Davesne

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1 commentaire

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06/02/2015 - 11h36 -

Personne se pose le problème du choix d’économie de la France depuis 20 ans, désindustrialisation et économie de service, la France détient ainsi le record mondial de plus petite part de PIB liée à la production industrielle, 7 %, comparé aux 16% de la Suisse et 24 % de l’Allemagne, des pays où la compétitivité n’est pas due à la faiblesse des salaires surtout pour la Suisse, qui en plus se paye un record de faible taux de chômage 3%. Nous, on continue de penser que l’économie de service est la clé, Mr Montebourg nous a fait rêver un temps avec son « produire français », vite remplacé par un champion de l’économie de services, économie de l’industrie financière en tête, produire de l’argent en endettant les pauvres de plus en plus nombreux, en plus, ils génèrent des besoins en service social !!!!.
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